Contact : Virginie Claeyssens

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“less is more

 do it

 the biggest barrier is yourself-you can always do more than you think”, Keith Clark's advises, Long Rider

 

Le nom ‘123 Kaballu’ fait référence à l’association ‘123 Cheval’ créé par Nutriset en 2011 et pour laquelle je suis membre du bureau. ‘Kaballu’ signifie ‘Cheval’ en Quechua argentin, langue parlée dans cette région.  


La suite et fin à venir!

quelques journaux de bord à rattraper et la fin du voyage à raconter..

 

N°25 La chacra 14 hermanos / La ferme des 14 frères et sœurs

Deux jours plus tard, nous arrivons à Los Antiguos. Les chevaux continuent de souffrir de la chaleur.


Je vais rester quelques jours par ici, le temps de les requinquer et d’attendre Florence qui me rejoint pour le voyage. Je croise donc les doigts pour trouver un bon endroit pour eux et pour moi-même. Et tout de même, permettre à Mathieu d’accéder à son bus.


Dernier jour avant Los Antiguos, nous suivons la route en plein cagnard. Ce n’est pas la meilleure journée pour tous les deux. En fin de journée, nous apercevons une zone vert clair au loin. Une nouvelle oasis? Un mirage? Les chevaux accélèrent le pas et descendent rapidement dedans. Première rivière, nous nous jetons la tête la première dedans et les chevaux s’y hydratent. Que du bonheur ! La couche de crème solaire et de poussière part avec le mal de tête et la bonne humeur revient.


Une ferme se trouve proche du rio. Il est déjà 20 heures et nous sommes encore à 8km du village. Nous y allons en espérant que ce soit le bon endroit pour m’y installer quelques jours.

 

A peine arrivés à la barrière, un jeune vient nous voir. Son père nous accueille les bras grands ouverts! Alberto Mende et ses 14 enfants! Je ne pouvais tomber mieux, une grande famille, un endroit magnifique juste à l'extérieur du village. Ses petits enfants courent dans tous les sens parmi les animaux vivant en liberté dans la ferme. L’endroit respire la joie de vivre. Ils ont deux maisons, la ferme et une maison au village. C’est vendredi et la famille est venue profiter de la fraîcheur de la ferme et de la piscine naturelle du rio.

 

Une heure plus tard, tous rentrent au village. Alberto nous laisse sa ferme, toutes ses clefs, me montre le fonctionnement du groupe électrogène, nous sort un apéritif ; sa femme me montre le plat du midi à réchauffer etc... Bref, on hallucine totalement ! Nous restons bouche bée !! Je n’en reviens pas, nous sommes arrivés il y a à peine une heure et il nous confie la ferme qu’il a construite et toutes les explications pour y vivre. Et les chevaux sont au vert dans un pré gigantesque avec le troupeau de juments.


Super dernière soirée. Réveil à l’aube et, à cheval, je dépose Mathieu au bus. Petits galops pour ne pas le rater.


Je profite d’être au village pour filer au Chili refaire mon visa. Les chevaux restent dans la cour d’Alberto à Los Antiguos. Au retour, je pars les baigner entièrement au lac Buenos Aires, avec un des fils d'Alberto, Victor. Pingo semble aimer cela, il nage quelques instants et Mosquito le suit de près. Un super moment avec les chevaux.


La famille est adorable avec moi. Je me repose. Nous ferrons de nouveau Pingo et soignons Mosquito qui a une blessure infectée. Je deviens une pro des piqûres… Heureusement que ce sont des amours à soigner. Le dimanche, nous serons une tablée de 18…Tous les petits enfants m’appellent tia / tata. On profite du rio pour se baigner, on cuisine, on mange, on discute etc... C’est génial de rester quelques jours et de se sentir comme à la maison.

N°24 L’échappée belle des 3 compères.

Le soleil revient et tout se sèche rapidement. Je retrouve davantage d’eau et surtout des arbres! Quel bonheur de voir des forêts, les arbres étant tellement rares plus au sud.

 

Nous descendons tranquillement vers Los Antiguos en traversant les différents vallons. A 16 heures, nous traversons une superbe rivière. Mathieu voit un poisson et moi je vois surtout une zone de trèfles pour les chevaux. Nous restons ici!

 

Mathieu part pêcher et je reste avec les trois chevaux en liberté qui mangent sur la zone verte. C’est agréable de poser le campement plus tôt. Nous avons le temps de souffler, lire, écrire, prendre un bain (gla-gla) etc … Sauf que, après deux heures, ils décident d’aller voir d’autres horizons et je les vois filer tous les trois au grand trot! Je sens rapidement le mauvais coup et me lance à leur poursuite. A 100 mètres, je manque d’attraper Pingo, et après, c’est le drame. Chiquito mène la troupe et les dirige au grand galop à travers la montagne. En crocs et sortie de la douche, c’est la course poursuite qui commence… Mathieu ne m’entend pas l’appeler à l’aide avec le bruit de la rivière. Je ne m’arrête pas, je ne dois surtout pas les perdre de vue!


De vallons en vallons, je cours. Ils s’arrêtent à chaque spot d’herbe. Je les appelle. Mosquito semble vouloir venir me voir, fait un pas vers moi et se fait rappeler à l’ordre par Pingocho qui tente de le mordre, puis Chiquito relance systématiquement la troupe de plus en plus loin. Ils jouent et je m’imagine déjà courir toute la nuit.

 

Je m’ essouffle et me fais largement distancer. Je les retrouverais plus tard dans une vallée, à plus de 6km du campement. Je les laisse manger un peu et vais les voir doucement. C’est bon, ils se laissent attraper! Hop, à cru sur Pingo, Chikit à la main et Mosquito, mon gentil mosquito, en liberté à suivre derrière.


Retour au campement et il n’y a même pas de poisson pour ce soir !

N°23 Du tee-shirt à la tempête de neige.

Une grande journée nous attend avec une zone montagneuse à passer. Le midi, nous sommes au soleil et en tee-shirt. Nous nous reposons sous les vols d’une quinzaine de condors! J’ai même craint une attaque groupée sur nous ou sur les chevaux tellement il y en avait. Deux heures plus tard et quelques dizaines de mètres plus haut, nous nous retrouvons dans une tempête… de neige! Quel pays! Les chevaux non plus n’aiment pas ça. Nous sommes à 1500 m, tout est pelé et pas un abri à l’horizon. Il faut avancer. Tous les habits sur le dos, on est tout de même gelés par l’humidité. Nous peinons à avancer avec ce vent froid. A 20 heures seulement, nous trouvons où poser le campement.: au bord d’un lac. Je laisse les chevaux couverts pour qu’ils n’attrapent pas froid. Tant pis, nos matelas de tapis vont être mouillés. Tout devient blanc, les chevaux ont de nouveau les oreilles de travers et ne semblent pas apprécier la plaisanterie, au milieu de l'été.

N°22 Papaaa!!! J’ai un cheval malade!

Il est temps de reprendre la route. Les chevaux se sont reposés et ont même eu du granulé ce matin, pour leur donner un peu plus d’énergie et de réserves. Il est difficile de partir de cette famille que nous apprécions beaucoup et qui nous demande de rester un peu plus.

 

Nous changeons de monture avec Mathieu. Il est couvert de bleus et bien courbatu du travail avec les vaches et rapidement il ne supporte plus le petit trot de Pingo pour me rattraper.

De nouveau il fait très chaud et nous ne trouvons pas d’eau.


Nous coupons à travers champs. En chemin, nous attrapons un tatou pour le manger. Mais c’est une femelle avec des petits. Trop dur, nous la relâchons. Ils disent tous que c’est excellent et facile à cuisiner grâce à sa casserole intégrée. Et cela nous changerait des pâtes cuites dans la soupe lyophilisée.

 

Les chevaux sont vite assoiffés et l’angoisse revient. Nous nous dirigeons vers un lac repéré sur la carte. Malheur ! C’est un lac salé, l’eau est imbuvable. Les chevaux mettent le nez dedans puis font la grimace pendant 5 minutes. Nous repartons en quête d’eau et nous réalisons que nous nous égarons vers la frontière chilienne. Il se fait tard. Nous rebroussons chemin. Par chance, à 21 heures, nous tombons sur une source contenant un peu d’eau, remplie de têtards. Les chevaux se précipitent pour boire.

 

Nous faisons attention qu’ils ne boivent pas trop vite ni en trop grande quantité en leur relevant la tête. Après avoir bu, Pingo se jette sur les touffes d’herbe jaune les plus proches. Je vois tout de suite que quelque chose ne va pas. Ses oreilles se sont rabaissées, elles sont de travers, ses yeux changent et surtout il semble s’étouffer !! PANIQUE !! Il respire difficilement et ouvre grand la bouche mais rien ne sort. Je le fais un peu marcher en espérant que ça passera et demande ensuite à Mathieu de lui attraper tout ce qu’il a dans la bouche, au fond de la gorge. Pingo se laisse faire et Mathieu sort les quelques touffes d herbe mais rien ne change. Il regarde ses flancs, a mal au ventre, se tord dans tous les sens et cherche comment se mettre. Il reste immobile, puis de nouveau semble avoir des spasmes.

 

Je tente d’appeler à la maison pour demander du secours à Papa ; personne. En même temps, il est 3 heures du matin, en France.

 

Je sors la pharma et relis la partie vétérinaire de mon livre sur le voyage à cheval. Je pense qu’il s’est bouché. Une colique ; il faut lui faire une intraveineuse. En fait deux, car je n’ai pas la bonne seringue. On réussit la première mais pour la deuxième, impossible de retrouver sa veine. Il fait nuit, il y a beaucoup de vent et il est trop gros !!

 

A 5 heures du matin, en France, message de Camille qui me demande de rappeler les parents en urgence car ils s’inquiètent. Quel soulagement quand je leur dis que c’est un cheval qui est malade.

 

Nous veillons toute la nuit à tour de rôle sur Pingo qui est à l’entrée de la tente. Il ne faut pas qu’il mange plus. C’est un réflexe chez lui. Et on attend …. qu’il se débouche. Moi, je m’imagine le pire. Je me rappelle des récits de voyage où des chevaux meurent en une nuit de colique. J’ai très PEUR. Je ne dis pas un mot et on attend. Nous l’avons couvert de toutes les couvertures pour qu’il n’attrape pas froid. Il est presque dans la tente ! Régulièrement nous vérifions son pouls et sa respiration. Pas simple avec le vent qui souffle.

 

Matinée sous la pluie, perdus, nous nous dirigeons vers l’estancia la plus proche, en déchargeant complètement Pingo et en marchant très lentement. Il a bu de nouveau quelques gorgées et semble se déboucher tout doucement. Mais encore faut il qu’il urine ! Mauvais présage qu’un cheval qui n’urine pas.

 

Arrivés à l’estancia, nous l’attachons court à un arbre pour ne pas qu’il mange et je lui laisse ses couvertures pour contrôler s’il urine. L’estancia est verte au bord d un lac. Chiquito et Mosquito partent plein galop dans cette immense étendue verte. Pingo les regarde partir et henni t pendant 1 heure.

 

OUF !! Il semble guérir et ses urines sont normales. L’herbe est verte et humide, ça va le requinquer. Nous le relâchons en croisant les doigts que ce soit bien fini.

 

La nuit, c’est à mon tour d être malade de tout ce manque d’eau. Mais bon, bien plus facile de se soigner. Dès le lendemain, ça va mieux. Sortie du duvet, je file voir comment se porte Pingo. Tout va bien ! Il mange et mange entre ses deux compères au bord d’un ruisseau. Il est donc NORMAL. Enfin, je souffle !

 

Pour fêter cela, un asado de cordero offert par le propriétaire de l’estancia ! Marcelo est né ici il y a 71 ans. C’est resté une estancia familiale depuis sa création. Nous reprendrons la route doucement. Je continue de monter Pingo pour qu’il se repose.

N°21 Premiers coups de lasso !

Réveil à 7 heures!

A 9 heures 30, le travail commence avec les vaches au puesto, situé à 1h en 4x4 de l’estancia. Les autres travailleurs sont là et attendent Lucho pour démarrer la journée.

Chacun prend son lasso et nous partons vers l’enclos où se trouvent 600 bêtes.


Le travail consiste à marquer les veaux de 8 mois environ et pour cela, il faut :

1 : l’attraper au lasso

2 : le mettre à terre

3 : le tenir fermement, un qui lui tient les pattes arrière, un la tête et parfois un autre qui s’assoit dessus

4 : lui découper des petits bouts d’oreilles

5 : lui mettre la marque de l’estancia

6 : lui mettre une étiquette

7 : noter si c’est un mâle ou une femelle

Le tout sans se faire charger par une des vaches qui se trouvent aussi dans l’enclos.


Les veaux sont déjà bien grands et pèsent entre 90 et 130kg. Ils ont beaucoup de force ! Mathieu se croit au judo en leur faisant des prises. Cela fonctionne, les gauchos rigolent bien mais sont impressionnés de sa volonté ! Moi je serre les dents à chaque coup de patte que je vois partir.


J’aide à tenir les veaux une fois à terre, mais ce qui me plaît le plus c'est d’apprendre à manier le lasso. Je me régale ! Lasso au dessus de la tête, sûre de ne pas s’emmêler soi même, beaucoup de ratés (des pattes qui m’échappent et autres choses) mais ouf ! J’y arrive ! C est bon, j'ai chopé le coup. Juste qu’une fois le veau au bout du lasso je crie à l’aide pour qu’un homme fort vienne l’attraper car moi je me fais traîner dans la poussière. Y a pas à dire, c’est comme dans les films. Maintenant je rêve d’apprendre à le manier à cheval. Bien plus dur.

 

Mathieu a chopé le coup aussi et met des dizaines de veaux à terre. Son pantalon et ses chaps se déchirent dans les batailles, mais peu importe, il est à fond.

 

Pour clôturer et fêter la fin du travail, un gaucho, souvent le plus jeune, fait un rodéo sur une vache ! Mémorable cette journée dans la poussière du corral avec les gauchos à attraper et marquer 220 veaux ! Nous rentrerons à 22 heures à l'estancia où Carlos et sa femme nous attendent pour dîner. Mumm !

N°20 L’estancia el Bagual, une oasis au milieu du désert

Un vert éclatant au milieu de la pierraille et des petits buissons brûlés par le soleil. Nous respirons la fraîcheur de l’estancia 500m avant d'arriver et les chevaux se mettent à accélérer le rythme. Eux aussi ils ont décidé : on veut se reposer ICI !

 

Arrivée à 20 heures.

La personne qui garde l’estancia nous demande de poursuivre la route car le propriétaire y est présent. Il ne manquait plus que ça ! La première fois que l’on nous demande de passer notre chemin. Nous ne trouverons rien plus loin. Je demande gentiment si je peux voir le dueno. Sa petite fille part le chercher. Nous mettons nos beaux chevaux en avant, c’est important, il paraît que la beauté des chevaux et leur ligne reflètent la personnalité des propriétaires, nous a-t-on dit. Le propriétaire, un homme très propre sur lui, de plus de 70 ans nous accueille très aimablement. Il semble ravi de rencontrer des voyageurs à cheval et nous reçoit exceptionnellement bien : apéritif dans sa superbe demeure de pierre, dîner extra dans le jardin, chambre et salle de bain avec de l’eau chaude … pour nous!

 

Carlos, le propriétaire, professeur d'histoire, est passionné du campo. Il a des dizaines d’anecdotes et d’histoires à raconter. Il est passionnant à écouter.

 

Lucho, en charge des bêtes de l’estancia nous apprend qu’ils doivent marquer les veaux cette semaine et nous propose d'y assister. Top ! Du travail avec les vaches. Ca va me changer des moutons. Ainsi, et sur la demande du propriétaire, nous y resterons deux jours pour que les chevaux et nous nous reposions et participions au marquage des bêtes.


Lucho est un descendant gallois et cela se voit! Grand, roux, il parle aussi vite que les gallois. Un peu étrange au milieu des gauchos souvent plus petits et tout bronzés. On passera de supers moments avec toute la famille, Mirna, sa femme, et les deux filles.

N°19 La sécheresse !!

Lorsqu’ ils passent la nuit attachés, nous avons souvent le droit aux hennissements de chacun au réveil, soit parce qu’ils se sont emmêlés, soit parce qu’ils veulent changer de place ou, tout simplement, pour dire bonjour!


Nous passons par un petit puesto avant de rejoindre le premier mini village, Lago Posadas. Toute la famille est là et nous accompagne pour couper à travers les terres qu’ils gardent. La femme et les deux enfants, sur le même cheval, un accroché dans le dos et l’autre tenu à un bras devant. Ils nous laissent sur un chemin qui descend vers Lago posadas et Lago pueyerron. La vue sur les deux lacs est splendide! Nous tentons de couper et comprendrons vite pourquoi il n’y a qu’un seul chemin qui y descend. Une immense falaise nous sépare des deux lacs. Ainsi le temps que nous avons voulu gagner se retrouve en temps perdu et nous arriverons au bord du lac pour camper à 22 heures. Heureusement qu’ici, il fait jour jusqu’ à 22 heures 30. Juste le temps de poser la tente.


Le lendemain, nous passons par Lago Posadas pour nous ravitailler et donner des nouvelles. Pas encore habitués aux horaires des petits villages, nous arrivons à 13h et trouvons tout fermé jusqu’ à 17 ou 18 heures!


Nous reprenons la route le soir, et, malheur, tous les ruisseaux indiqués sur la carte sont à sec et nous devrons installer le campement à un endroit sans eau, ni herbe... Certainement le pire campement du voyage (enfin j’espère !). Le rationnement en eau commence... Je m’endors angoissée de ne pas trouver de l’eau rapidement, pour les chevaux plus que pour nous.


Nous partons à la fraîche le lendemain matin avec un unique objectif  : trouver de l’eau au plus vite. Une estancia est indiquée sur la carte au bord d’un lac. Nous décidons de faire un crochet de 8 km pour y trouver le précieux liquide. Dans cette zone, nous étions bien prévenus de ne surtout pas sortir des chemins car il y a énormément de sables mouvants et de zones instables au niveau du sol. Très dangereux ! car le sol paraît très sec en surface mais un cheval peut vite s’enliser et avoir beaucoup de mal à en sortir. Nous arrivons à l'estancia au nord du lac salitral. C’est la fin de matinée, il fait déjà très chaud et les gorges sont sèches. Les chevaux sont tous trois creusés par la soif au niveau des flancs.

 

Hormis la soif, la route est splendide. On se croirait en Arizona selon Mathieu et au Texas selon moi. Bien que nous n’y soyons jamais allés! 

 

A midi, nous atteignons l’estancia. Nous croisons un rio à sec, je m’inquiète d’avantage de ne pas trouver de l’eau rapidement. Proches de l’estancia, ouf de l’herbe! un peu sèche soit, mais tout de même un peu verte. Les chevaux se jettent dessus et nous partons chercher de l’eau. Le lieu est abandonné et visiblement depuis des années. Rien à proximité des bâtiments.  Nous faisons tous les flancs de montagnes pour trouver un ruisseau. Rien. Le désastre. Le lac n’est pourtant pas loin, environ 3 kilomètres, mais c’est bien trop risqué de tenter une traversée avec les sables mouvants. Il fait de plus en plus chaud et nous venons de boire les dernières gouttes du thermos étant certains de retrouver de l'eau.


N°18 Nouvel an au cœur des montagnes..

Le 30, nous ferrons de nouveau mes trois chevaux. Mathieu doit arriver vers 18h. Enfin !!

 

Dario après avoir bu trop de vin / coca essaie de monter un jeune cheval non dressé. Après un rodéo d’anthologie, je le vois voler dans la barrière... Il s’est sacrément amoché et dormira jusqu’ au lendemain.

 

Félix est particulièrement calme et patient, les 3 ferrures se passent bien, même pour l’allergique de Mosquito.

 

A 20h, OUF ! Mathieu est enfin là. Un nouveau départ. Chiquito passe cheval de bât et Pingocho devient le cheval de Mathieu.

 

Nous partons dès le lendemain, le 31, vers le Lago oriental pour y passer le nouvel an. Nous équilibrons de nouveau les caisses. Chiquito serre les fesses avec le bât, il n’est pas encore habitué. Je le tiens à la corde, il suit parfaitement. Adorable ce chiquito.

 

Nous avons un col à franchir avant d’arriver au lac, nous descendons de nos montures mais Chiquito souffle beaucoup ... Nous y allons doucement. Après 3 heures de marche, nous apercevons le lac, bleu au beau milieu des montagnes de toutes les couleurs ! Nous ne pouvions mieux tomber pour notre 31.

 

Je tente de lâcher Chiquito pour voir s’il suit, un amour ! Il nous suit de près, en liberté, dès le premier jour.

 

Nous réveillonnerons dans le luxe grâce au champagne et au foie gras venus de France. Un coup de fil chez «  Mme Caudrey »  pour souhaiter la bonne année aux copains et nous savourons cette soirée aux antipodes, tous les deux, en pleine nature entre lac et montagnes avec nos chevaux à côté.

 

Le 1er, réveil tranquille et pêche, sans succès, le matin. Nous devons maintenant tenter de rejoindre un puesto de l’autre côté de la montagne, sans chemin bien sûr. Nous partons à 15 heures et ferons « au nez », en fonction de la forme des montagnes pour savoir par où passer. Cela fonctionne ! Nous avons passé le premier col. C’est magnifique et rempli de chevaux sauvages, autruches et guanacos.

 

Il se fait tard, 21 heures. Nous posons la tente au bord d’une rivière. Cette nuit, nous attachons les trois chevaux de peur qu’ils ne suivent d’instinct les chevaux sauvages qui viennent les voir dans la nuit.

N°17 Festin de saumon

Je me retrouve seule. Je pars à l estancia Belgrano dans le parc perito Moreno avec Félix, le péon qui y vit. L herbe y est verte et ce sera plus sympa qu’une estancia touristique pour me reposer.


Comme c’est étrange d’avancer avec Chiquito et sa selle vide ... Mais il fait grand beau et je suis au milieu des montagnes.

 

Les chevaux sont lâchés dans 15 000 hectares de terres ... Un vrai repos bien mérité.

Le lendemain, je suis seule dans l’estancia. Un peu de répit ça fait du bien. Je répare le matériel et tente de faire des tortas ... Pas une réussite ! Félix rigolera bien.

 

Je savoure cette journée de repos avec mes chevaux en liberté. J’en profite pour faire le tour du propriétaire ; réserves de viande, de vivres et puis les écuries, la sellerie, le hangar immense, la maison du patron et l’ancien hangar pour la tonte des moutons, ses vielles machines, et quantité de peaux et de laine. Aujourd’hui, il y a 400 vaches et 300 veaux dans un espace de 12 000 hectares. Les veaux de 12 mois sont vendus une fois par an.

 

Mauvaise nouvelle! Mathieu arrivera avec 2 jours de retard à cause de son sac qui est coincé à Buenos aires ... Lui attend à Calafate, et moi, je suis bien logée et attends à l'estancia Belgrano. Le lieu est magnifique et Félix et Dario sont aux petits soins avec moi. J ai également un autre cheval à monter pour me balader dans le parc national pendant que mes chevaux se reposent ; un adorable petit cheval blanc.

 

Le 29, super journée. A 9h nous partons à cheval avec nos cannes à pêche (moi, ma canne et eux des boîtes de conserve optimisées) et une grille au cas où nous pêcherions quelque chose. Après 3h de super balade, nous arrivons au lieu de pêche : une petite rivière. En une petite heure, nous aurons attrapé 6 poissons! J’étais folle de joie, et des saumons en plus! Nous voyions les poissons remonter la rivière pour attraper nos hameçons! Génial ! Bon, je n'en ai eu qu’un et encore, Dario m’a aidée, mais on s’est régalé. Petit feu, et saumon grillé pour le déjeuner. Un délice après tous ces kilos de viande.

 

Pour rentrer à l'estancia nous faisons un détour pour aller ramener la troupe de 30 chevaux.

 

J'adore.

 

N°16 Noël dans la pampa

Le 24 au matin, un peu fatiguées, nous partons pour l’estancia la Olguita avec le péon de celle-ci et Dario qui vient passer Noël avec nous. Départ 9h30, déjeuner à la Olguita avant de rejoindre l’estancia Ménélik, qui est une estancia touristique, ou Pauline espère trouver une voiture pour rejoindre la route 40 puis un bus pour prendre son vol à Calafate.

L’après-midi nous reprenons la route pour la Ménélik, toujours avec Pingo en liberté et la peau de l’agneau tuée à l’estancia la Vega qui sèche sur son bat (souvenir de pauline pour sa descente de lit). Sur la route, tous les trois un peu pompette les discussions vont bon train.

 

En route Pingo s’arrête une première fois avec d’autres chevaux en liberté, Dario va le chercher. Plus tard, il s’arrête de nouveau. Pauline tente d’aller le chercher mais il s’échappe. Je sens qu’il fait sa tête de nœud et qu’il ne va pas revenir. Je vais l’aider. Décidemment pas envie, il part au trot, se monte un tallu raid de 15m et ne se laisse toujours pas attraper. C’est une véritable course poursuite qui s’engage avec le cheval de bat, le jour de noël! Je ne pensais pas qu’il pouvait aller aussi vite! Je lâche ma flèche – Mosquito, lui coupe la route et je saute sur sa corde. Non mais!

 

Arrivée à la Ménélik, je suis déçue, c’est très sec pour les chevaux. Autrement l’accueil est très sympa et nous allons aider en cuisine pour le repas de noël. On va se régaler! Cordero, salades à gogo et dessert. On n’imagine pas trop que c’est le soir de noël. Il fait beau et chaud dehors et il n’y a aucun signe de noël... Seulement mon coup de fil à la maison me le rappellera et là j’aimerais bien être au coin du feu à Lillebonne...

 

Nous passerons une super soirée entre discussions et dance sur les rythmes de la cumbia argentine.

N°15 A nous les agneaux !

Antonio nous accueille à l’estancia la Vega. Il semble bien habitué à recevoir les voyageurs à cheval. A peine bonjour, les chevaux sont dessellés et mis au pré. Il sait que c’est ça le plus important avant de discuter. Il nous installe dans une chambre, les lits sont tellement creux qu’on a l’impression d’être dans un hamac. Son ami, le gaucho arrive. Tout deux sont chiliens, comme beaucoup ici. Les salaires sont intéressant pour eux et il y a peu d’argentin qui acceptent ces emplois difficile dans cette région reculée au climat rude. Les chiliens voient leur salaire doubler alors que c’est à côté de chez eux. Ils sont une main d’œuvre bon marché pour les patrons argentins ou européens.

 

L’accueil est extra. Nous faisons connaissance autour du traditionnel mate. Il fait grand beau. Antonio décide de faire un Asad de corder (agneau de lait) pour fêter notre venu. Nous partons avec le gaucho attraper un agneau dans le pré derrière la maison où quelques brebis passaient par là. 5 chiens nous aident dans cette tâche. En 20 min chrono, le pauvre agneau passe de courir derrière sa mère à quasiment fini d’être dépècé. Et 1h plus tard il est au four.

 

C’est festin ce soir, ½ agneau pour 4, tortas fraîches, pomme de terre et vin rouge. Antonio nous joue de l’accordéon avant le repas et nous chante des chansons chiliennes. Le jeune gaucho est très blagueur et on rigole bien.

 

Le lendemain, même si la direction ne semble pas trop difficile à suivre, ils décident de nous accompagner. La chaleur revient et Pingo suit toujours. La pampa est pleine de moutons, la vie revient petit à petit dans les estancias. Le gaucho me raconte qu’il va d’estancia en estancia pour chercher du travail. Il se déplace avec ses 2 chevaux, 1 de monte et son cheval de bat où toute sa vie tient dessus…

 

Nous arrivons à l’estancia la Perseverancia à 13h. Un jeune péon et un gaucho nous accueillent. Premières discussion autour d’un mate, classique. Le gaucho aux yeux très clair vient de Calafate. Cela faisait longtemps que nous avions rencontré un argentin! Ils nous réchauffent le plat du midi. Je vois d’autres personnes derrière la fenêtre, je suis surprise. Plus de une ou 2 personnes dans une estancia? Du jamais vu. Ils nous apprennent rapidement qu’ils sont en train de travailler avec les moutons et que des travailleurs des autres estancias et quelques gauchos sont venus prêter main forte. Chouette! Du coup on reporte notre programme de l’après-midi pour rester aidé. Ils doivent marquer les moutons, castrer les agneaux et les marquer également (découpage d’oreille, pose du badge à l’oreille, coupage de la queue, tri etc.). De plus, le propriétaire est là avec 2 enfants, le premier que nous rencontrons.

 

Tout d’abord il faut faire passer les moutons d’un corral (enclos) à l’autre pour effectuer le travail par lot de 40 environ. Cela consiste à se mettre derrière eux et gesticuler ou crier pour qu’ils aillent dans la direction souhaitée. Ce n’est pas trop dur avec les moutons étant donné que lorsque le premier y va, tous suivent !

 

Une fois que les moutons sont identifiés : vielles mères, jeunes mères, males, agneau - Ils passent dans un couloir et au bout de celui-ci ils sont redispatchés dans des enclos spécifiques. Pour identifier les brebis âgées, il faut regarder s’il leur reste des dents. Le travail avec les agneaux peut commencer. Il faut les attraper (leur courir après) et les tenir d’une certaine façon pour qu’ils ne bougent pas. Puis et les emmener aux deux hommes qui les marquent, les castrent et leur coupent la queue. J’adore ça! Et pour une fois on se rend utiles. Les enfants de Sergio le patron m’expliquent et me guident vers ceux qui ne sont pas trop lourds. Etant donné qu’on a l’agneau dans les bras lorsqu’il se fait marquer, on est vite recouvert de sang... Mumm. Apres avoir soulevé près de 30 agneaux, je suis littéralement recouverte de sang! Une sacrée expérience. De plus le respect et la considération s’en suivent lorsque l’on réussit à travailler comme eux. Nous avons fait cela tout l’après-midi. Le travail se fait en buvant quelques gorgées de cidre frais.

 

Après le marquage, il restait 3 moutons qui avaient réussi à échapper à la tonte du mois de septembre. Ainsi Sergio demande au meilleur de ses esquilador (tondeur) de nous apprendre. Je me suis retrouvée avec un mouton à tenir entre les jambes et à tondre aux ciseaux! Super dur, j’avais peur de lui couper le cuir... J’ai fait les parties les plus faciles (le dos, la nuque, les pattes). C’était tout moite sous ses poils tellement il devait avoir chaud sous ses 20cm de laine en plein été.

 

La tonte effectuée, il est temps de saigner quelques agneaux pour ce soir et les fêtes de fin d’années… Ensuite, les enfants nous ont présenté leur bébé guanaco à qui ils donnent le lait. Sa mère a été tuée pour nourrir les chiens... Pas extra, mais je préfère cela que les chevaux sauvages. C’est hyper doux les chulengos! Autrefois ils étaient pourchassés pour leur fourrure à forte valeur.

 

Nous discutons avec Sergio pendant que le cordero cuit doucement. Il commence à faire nuit. Tout d’un coup, nous voyons un taureau qui s’est échappé de l’enclos. PANIQUE à bord! Tout le monde sort des maisons, tous les chiens sont lâchés, il faut à tout prix le rattraper. Les taureaux peuvent être très dangereux et celui-ci est le plus méchant de tous. Il s’est échappé en sautant une barrière de 1,60m. Tout le monde court et 15 chiens sont lancés à sa poursuite. Dans l’action, je pars courir avec eux. Tout d’un coup nous voyons le taureau de 2 tonnes revenir au triple galop tête baissée avec les 15 chiens qui l’encercle à moins de 1m, 1m50 en lui aboyant dessus, manquant de peu se prendre des coups. Il arrive dans notre direction, à 20m, Dario hurle SALTA! (saute!), et hop nous sommes presque protégés dans le corral à mouton. Un instant on se serait cru pour cible, mais ouf! Il est passé. Bon coup d’adrénaline. Les chiens le ramène devant le corral et nous le voyons sauter de nouveau dedans rejoindre les 8 autres monstres tous aussi énormes les uns que les autres. Le travail des chiens est époustouflant. Sergio régule l’emplacement des taureaux pour éviter que les accouplements se fassent n’importent quand et que les veaux naissent pendant l’été. Autrement, les hivers étant très froid, il est difficile pour eux de survivre.

 

Le cordero se déguste autour des contes de chiche, peintre de la maison, histoires d’estancias de Sergio et des blagues des jeunes gauchos. Super soirée, on aura bien rigolé.

N°14 Le froid, la forme et la bonne route!

Une douche chaude et quelques fruits au réveil et on se croit au paradis !

 

Nous partons pour le puesto Vega del Osco à 6km. Les chevaux se musclent, et nous aussi. Les caisses sont de moins en moins lourdes à porter et les barrières de moins en moins dures à refermer… Le vent est toujours aussi glacial. Par chance nous croiserons le propriétaire de l’estancia Lago Strobel qui nous invite le soir et nous aidera peut-être pour le début de la traversée de la meseta pierreuse le lendemain. Sa femme et sa fille sont venues passer les vacances. Personnage très froid au premier abord et ne voulant pas nous accompagner car il dit que nous seront trop lentes avec notre cheval de bat... Nous avons pourtant bien besoin de son aide... Nous arrivons à 15h à leur estancia et nous avons quelques heures pour le décider à nous accompagner. L’estancia est super, au pied du lac Strobel qui est d’un bleu magnifique. Vers 17h nous luttons pour ne pas dormir, le vent ça épuise! Nous allons nous reposer, n’entendrons pas le réveil et dormirons 3 heures... Mince, on a raté l’asado. Alberto est gentil mais sacrément bougre. Il parle peu et c’est assez difficile de savoir lorsqu’il est content ou pas... Lendemain nous partons tous les trois, Alberto ne nous attend pas et nous peinons parfois à le suivre. Heureusement  qu’il a un cheval blanc et que nous ne le perdons pas de vue. Nous arrivons au puesto Pecho Blanco. Personne de nouveau pour nous accompagner pour la suite.

 

J’appréhende un peu la traversée de la meseta de los vientos sachant que d’autres cavalières s’y étaient perdues pendant plus de 3 jours 4 ans auparavant, et qu’il y fait très froid. En même temps, nous ne devons presque pas monter en altitude, la vision est bien plus facile dans la steppe pierreuse que dans les bosquets et tout est très sec nous ne risquons pas de nous enfoncer et Pauline est tout à fait sereine.

 

Cette fois ci grâce au GPS, nous parviendrons à l’estancia Bella Vista toutes seules comme des grandes en fin de journée! Lorsqu’ il n’y a pas trop d’obstacle type montagne ou canyons le GPS nous guide au plus direct. Nous mettrons tout de même 4h à la place de 2h mais nous y sommes! Nous sommes redescendues tranquillement dans la vallée sous les rires des guanacos et de leurs petits, les chulengos.

 

L’estancia Bella Vista est sans aucun doute habitée, mais nous ne voyons personne. Nous faisons le tour des bâtiments, tous ouverts, et découvrons la vie actuelle et passée de l’estancia. C’est passionnant de découvrir ces lieux authentiques, pleins d’histoires et de trésors... On y trouve par exemple le matériel d’attelage qui était utilisé pour transporter la laine, ainsi que les calèches pour se déplacer au village. Les harnachements en cuir y sont très bien conservés. J’imagine les convois de laine partant vers l’est pour rejoindre les ports de l’océan atlantique d’où la laine partait pour être vendue en Europe notamment.

 

Ainsi, nous ne rencontrons personne et le calendrier (systématiquement tenu à jour dans tous les puestos et estancia) est à la date du 17 décembre. La personne est certainement partit fêter noël dans sa famille. Les chevaux sont au vert et nous nous installons dans la maison, faisons un feu et dormons dans le lit avec les peaux de moutons pour matelas et un tatou mort qui nous regarde. Je fais un test et laisse pingo en liberté âpres lui avoir massé le dos et demandé de ne pas filer dans la nuit. S’il reste il se reposera mieux qu’attaché à sa corde (même si elle est longue). Au réveil, j’appréhende son absence, mais non, il n a pas bougé et broute sagement entre les deux autres.

 

Lendemain, à 7h50 nous sommes à cheval. Comme pour nous remercier, Pingo devient un amour et se met à nous suivre en liberté! Quel bonheur! Une vraie réussite. Sa tête a changé, il ne subit plus le bat mais se balade avec nous. Il a la tête haute et l’œil plus vif. Il mange, rattrape au trot, mange, rattrape au trot... Du pur bonheur que de le voir évoluer en liberté avec son bat.

 

Bon, 1h plus tard, ayant un peu chaud, il tente de se rouler avec le bat.. Mais tout va bien rien ne bouge.

 

Après plusieurs kilomètres parcourus sur un vrai chemin cette fois, nous nous rendons compte que c’est un nouveau chemin et que celui de notre carte n’existe plus. Même sur les chemins on parvient à se rallonger. Nous arrivons à l’estancia Los Faldeos pour midi. On a déjà hâte de déjeuner de la viande grillée... Un homme de 60 ans environ nous accueille tout sourire, nous allons mettre les chevaux dans l’enclos et il leur donne du foin. Vieux garçon qui rigole tout le temps et vrai pipelette, il nous raconte ses histoires de famille, de santé, de chevaux, de pumas... Nous avons faim et nous comptons bien sur un asado pour nous donner des forces avant de reprendre la route. A notre grande surprise (oui on prend des habitudes), il ne cuisinera pas et nous nous résignerons à notre classique pour le midi crackers et saucisson (légèrement moisi). L’après-midi nous remarcherons 3h pour rejoindre l’estancia la Vega. Le ciel est noir derrière nous, nous faisons une partie au trot pour éviter de se faire rincer. Pingo se régale en liberté.

 

 

N°13 Du lac Cardiel au lac Strobel… La plus longue des journées !

Arrivées à l’estancia Carlina avec Jonathan, une nouvelle surprise nous attend. C’est un très vieux monsieur qui nous accueille, il vit seul et sans chevaux! A l’évidence, il ne pourra pas nous accompagner. On lui demandera plus tard s’il a un cheval pour nous accompagner… C’est niet!

 

Autrement, mon cœur se desserre un peu, l’herbe est déjà un peu plus verte. L’accueil est très chaleureux une nouvelle fois. Nous sommes installées dans un ancien dortoir ou nous pourrons dormir sur des peaux de moutons (très confort). Dans celle-ci, ce n'est pas un agneau qui nous accueille mais un jeune poulain qui nous suit comme un chien et cherche le lait chez nos chevaux...

 

Le veille homme est issu d’une famille polonaise venu en argentine lors de la guerre de 14. Il garde l’estancia et la préserve ainsi des vols et dégradations. Il vit ici depuis 40 ans et il va très rarement au village avec sa voiture qui a dû arriver en même temps que lui... Un vrai grand père, avant notre départ le lendemain, il nous avait prépare un bon chocolat et de bons gâteaux.

 

Nous démarrons la journée à 8h30 sur les chevaux. Comme nous le conseille le vieillard, il est préférable de contourner la première montagne... Ainsi la journée va être longue car il n y a strictement rien, ni herbe ni eau jusqu’à l’estancia Laguna Verde peu avant le lac Strobel.

 

Nous marchons plus de 10h dans un vent très frais sur une distance de 60km et nous terminons les 5 derniers kilomètres à pied tellement ce n’est plus tenable de rester en selle. A 21h30 nous arrivons dans l’estancia touristique de pêche sportive. Je vais frapper au carreau, un groupe de 8 touristes attablés dans une maison des plus cosi me regarde ahuris... Il faut dire que j’avais cagoule + bonnet + doudoune et certainement une tête fatiguée... Le patron, très propre sur lui, nous accueille à bras ouverts et nous propose de monter la tente au bord du lac à l’endroit où l’herbe est la plus verte. N’ayant pas vu d’animaux et étant dans une estancia purement touristique, je craignais un accueil différent.

 

Nous filons décharger les chevaux qui ont bien marchés. Bonne surprise, herbe haute et bien grasse, ils se jettent littéralement dessus et ils ne lèveront pas la tête pendant au moins 3 heures... Nous n’avons pas vu pareille herbe depuis 10 jours.

 

A peine les chevaux déchargés, il fait nuit et le patron nous apporte un plat chaud et deux bières! C’est festin pour tout le monde ce soir! On trinque et dévorons ce délicieux plat de pomme de terre fourré au fromage avec une sauce aux girolles... Tellement bon que ça me rappelle la maison… Ceci pendant que les touristes américains venaient nous prendre en photos et nous questionner sur notre mode de vie en voyage... Cela semblait un peu loin de leur conception et de leur imagination.

 

Dodo à 23h (c’est tard pour nous), je m'endors des plus sereines en écoutant mes 3 chevaux brouter de la bonne herbe au pied de la tente plantée en face du lac. 

N°12 : 3 jours sans croiser âmes qui vivent…

Le lendemain nous voulons rejoindre l’estancia San Pedro au bord du lac Cardiel pour y passer 2 nuits et 1 journée de repos pour les chevaux qui en ont grandement besoin. J’espère y trouver de la bonne herbe et un peu de grain pour que les chevaux se requinquent. L’estancia San Pedro doit être à 3h de marche. Finalement nous mettrons 9h et arriverons à 21h... Nous étions épuisées et fortement attristées de tomber une nouvelle fois sur une estancia abandonnée, glauquisime et à l’herbe jaune... Il faisait encore très chaud cette journée. A part des traces de pumas (qui font 2 fois ma main) et les guanacos, nous n’avons croisé personne. Nous avons eu deux rivières à traverser, un peu septiques mais cela passait. Une fois encore, nous nous sommes légèrement égarées de quelques kilomètres ce qui nous semble devenir une habitude.

 

Je suis dépitée pour mes pauvres chevaux. C’est de pire en pire. Je vois Mosquito maigrir de jour en jour. Les autres sont moins difficiles et mangent de tout, ils gardent leur ligne de départ. Pingocho m’a également fait une belle frayeur en saignant légèrement du nez. Certainement de fatigue. Ainsi, même si le lieu est désert, sale, puant et sans herbe verte nous resterons 1 journée pour que les chevaux se reposent.

 

Le soir, je mets la tente dehors tellement c’est sale dans la maison abandonnée. En dînant nos traditionnelles pâtes/soupes on voit la tente s’envoler et filer vers la rivière... Nous nous lançons à sa poursuite et nous concluons que le plus simple sera de la monter à l’intérieur, à l’abri du vent et des souris. De même, on en profite pour glisser un matelas apprécié des souris sous la tente pour notre confort (les tapis de chevaux sur le carrelage sont un peu justes). Au top, à l’abri du vent et sur un matelas, il manque juste un peu de febreze!

 

On dort comme des bébés comme chaque nuit sous la tente.

 

Douze heures de sommeil, il fallait au moins ça! Cela nous requinque. On passe la journée à apporter des seaux d’eau aux chevaux (en manquant nous même de tomber dans la rivière) et on bulle sous la tente,  à lire et à écrire.

 

J’ai trouvé une peau de mouton que j’ai lavé et que je tenterais d’ajouter à ma selle pour avoir un peu moins mal aux fesses... Car oui ma selle est dure et c’est un vrai calvaire, de plus je suis courbaturée de partout! On s’inquiète de ne voir personne dans les prochaines estancias pour nous indiquer le chemin.

 

Après ce repos, on remonte le lago Cardiel vers le nord, nous passons par l’estancia 2 hermanos. Oh joie ! Elle semble habitée. On entend les chiens, et il y a une camionnette. A croire que la malchance nous suit, le péon en charge de l’estancia est partit travailler. A défaut de repartir avec des indications pour les chemins, nous lui emprunterons un peu de grain pour palier aux disettes. Une chienne nous suit, adorable et bien dressée.  Je lui parle comme les gauchos le font et hop! Elle file au pas derrière  mon cheval. Cela consiste à dire très fort « CABALLO » (cheval) tout simplement.

 

La route est longue, il fait froid et il y a beaucoup de vent. Après 4h de marche, nous nous mettons à rêver d’un bon Asad, de tortas fraîches et de boissons chaudes. Si seulement il pouvait y avoir du monde dans la prochaine estancia. Nous y croyions peu étant donné que la zone est réputée pour être désertique et que l’estancia précédente était habitée.

 

Quelques centaines de mètres plus loin, à notre grande surprise on entend des chiens. C’est gagné, elle est habitée. Il est 13h, deux hommes nous accueillent et en 10 min, après avoir dessellé et mis les chevaux au pré nous sommes les pieds sous la table devant un agneau grillé et des tortas fraîches... Nous nous sommes un peu jetées dessus...

 

Marcelo est un chilien d’une quarantaine d’années venu vivre ici pour 5 ans, le temps de refaire toutes les clôtures de l’estancia. Il a des tonnes d’histoires à raconter et prend bien soin de nous, comme si ses filles venaient d’arriver. Cela fait plaisir d’avoir un peu de chaleur humaine après 3 jours sans voir personne.

 

Jonathan, le jeune péon, vit ici depuis 3 ans. Il va nous accompagner pour aller à la prochaine estancia où nous devrons trouver quelqu’un pour traverser la meseta et rejoindre le lac Strobel plus rapidement. Nous repartons avec une flèche d’indien chacune en cadeau (oui oui une vraie! en pierre et très pointue) et un sac de tortas fritas ! Nous n’en revenons pas. 

 

N°11: Puesto Desaparecido

Ainsi nous nous couchons avec cette bonne nouvelle… quelqu’un va nous aider à traverser cette meseta qui semble être un des passages les plus dur de notre traversée. La chance nous sourit, en effet, très peu de monde connait le passage de cette montagne. En règle générale, les gauchos connaissent bien les zones avoisinant leurs estancias mais sachant qu’il y a peu de raison de passer par là, cette partie est bien moins chevauchée et donc moins connue. Bien que l’accueil soit chaleureux, nous avons déjà hâte de quitter cet endroit. En effet avec un peu de recul nous nous apercevons bien vite que la pédagogie équestre est assez particulière ici, les chevaux se font maltraiter à longueur de temps, sont maigres et pire que tout vivent dans des prés où des peaux de leurs camarades jonchent le sol. Dernier fait aggravant mais commun en Patagonie, le gaucho est fan de rodéo, cette tradition est certes très populaire chez les Hommes mais bien moins chez les chevaux...


12 Décembre 2011, en route vers le puesto, Pauline est confiante, elle visualise bien la montagne qui cache le puesto. Les derniers conseils de notre guide avant son départ nous réconfortent : « c'est facile !!! » nous dit Petito!

 

Nous partons donc libre d’esprit vers 10h du matin, le démarrage se passe pour le mieux car nous suivons le sentier creusé par le passage de troupeaux de vache. De plus, des hordes de nandous (autruches locales) croisent note chemin.

 

Arrêt sur image : Ces oiseaux sont très étonnants, bien que d’apparence ils ressemblent à des autruches, ils font parties d’une autre famille de d’oiseaux, les émeus. Mais l’anecdote la plus marquante réside dans leur mode de vie, en effet ces oiseaux sont polygames, J’imagine déjà le premier réflexe primaire de chaque homme, quelle chance! Attention, il faut savoir que la dure tache du male ne s’arrête pas à la fécondation des femelles, il doit alors couver l’ensemble de ses progénitures et surtout une fois les œufs éclos, s’occuper de sa ribambelle de marmot atteignant parfois la vingtaine, ça laisse un sacré boulot … avis aux amateurs !

 

Revenons à nos moutons, ou plutôt aux barrières qui les entourent… Comme prévu, nous passons les deux premières barrières sans encombre et après 3h de marche, il est temps de s’engager dans la montagne pour trouver le puesto. Toujours confiantes, nous trouvons un chemin de vache bien marqué. S’en suit 300m d’ascension sans la moindre goutte d’eau et sous un soleil écrasant, nous arrivons enfin au sommet où... rien, pas le moindre puesto aux alentours! Instantanément, l'angoisse de la perdition revient. Nos compagnons et nous même sommes épuisés après 5h de marche en plein soleil. Nous nous répartissons les rôles, pendant que je décharge nos équipements, Pauline part en éclaireur. Malheureusement, elle revient sans la moindre trace de ce fichu puesto. Pendant ce temps, j’en profite pour me reposer, à son retour je poursuis alors notre recherche en compagnie de Mosquito. Je gravis de multiples cols sans l’apercevoir. Il ne doit pourtant pas être loin puisque des troupeaux de vaches et de moutons rôdent aux alentours. Proche d’un sommet, il me vient même à penser au guanaco enchanteur qui allait me guider, car un male marchait au loin et se retournait comme pour m'attendre. Le retour à la réalité fut rapide car une fois arrivé en haut de la montagne, il me lance un cri perçant puis disparaît. Quel cauchemar, après 3h de trots et de galops, le puesto n’est toujours pas à porter de vue. Je reviens sur mes pas, à ce moment, nous sommes épuisées, moralement et physiquement.  Il est tard et nous choisissons d’en rester là pour aujourd’hui. Comme tout campement nécessite un point d’eau, nous choisissons de nous arrêter là où Pauline avait repéré une mare. A peine arrivés, les chevaux se jettent dessus pour boire, c’est que nous réalisons écœurée que cette mare est plutôt un nid de moustique aux couleurs verdâtres rempli de bouses de vache. Nous jetons nos dernières forces à la recherche d’une eau plus salubre mais à la nuit tombée, nous nous résignons à en rester là et sortons ma paille filtrante… En plus d’une odeur nauséabonde, il faut aspirer très fort pour parvenir à boire. Quelques gorgées nous suffisent, en revanche impossible de récupérer une quantité d’eau suffisante pour faire cuire des pattes. Le Plumpy sera parfait pour ce soir. Nous nous couchons sur la montagne des pumas ou malgré tout la vue y est splendide. Un magnifique coucher de soleil bordé par les montagnes avoisinantes, le mont Kacha Aike, et les lacs Tar et San Martin nous font rapidement oublier la situation...

N°10 Escalade Equestre

Le lendemain nous avons un col de 2000m à franchir pour rejoindre le lac San Martin. Un des 2 hommes qui nous accompagne a pris ce passage il y a plusieurs années et le deuxième va le découvrir comme nous. Ce passage est réputé pour être dangereux, je connais notamment un argentin qui y a perdu un cheval, tombé dans le vide… Snif et pas moyen que cela nous arrive!

 

Petit déjeuner à la viande pour prendre des forces, pain + beefsteak. 6h de marche avec eux pour arriver jusqu’au col, non stop de nouveau et avec beaucoup de parties au trot quand nous le pouvions (nous ne pensions pas pouvoir trotter avec le bat...). Cette journée a été très marquante, à de nombreuses reprises j’avais le cœur serré de voir mon cheval rester coincé dans les terrains pierreux qui s’enfonçait ou trébucher et tomber dans le vide... nous sommes passées a des endroits ou jamais je nous aurais engagées seules, des bourbiers de pierres, des descentes de neiges avec les chevaux qui descendent sur les fesses, des parties d’escalade entre les grosses pierres, des pentes vertigineuses… que d’émotions! Le guide cherchait sa route par dessus tout ça!


Nous parvenons au col non sans mal et ENFIN, nous voyons ce fameux lac San Martin que nous pensions rejoindre bien plus tôt!, visible mais à plus de 10km. Les guides nous laissent au col et nous devons descendre seules au lac. Nous commençons à descendre doucement en longeant la rivière à droite comme ils nous ont indiqué, mais rapidement nous sommes confrontées à des canyons et une rivière de plus en plus grande... à 18h, il faut se rendre à l’évidence : nous sommes de nouveau perdues! Les chevaux sont rincés, nous aussi et nous devenons irritables avec eux qui ne répondent plus à nos demandes. Nous campons au bord de la rivière. Le lendemain, nous nous réveillons sous la neige, perdues.
 


Je pars reconnaitre un passage éventuel à pied… je crains de tomber seule sur un puma. A cheval, je ne le crains pas, à pied toute seule, c’est un peu différent…
 


Je trouve un passage, raide, mais nos biquettes peuvent le faire :
 ça passe, et 2h plus tard nous sommes au lac! Youpi, un chemin pour au moins 1 journée. Nous allons dormir dans une estancia proche du chemin, l’estancia la Tercera, très belle. Un agneau nous accueille et me suis comme un chien, un vrai nounours. Le lendemain nous reprenons la route et espérons trouver un guide pour passer “La Meseta de los Muertos” endroit qui porte bien son nom et nous avons compris que sans guide nous ne pourrons pas la traversée. 


La journée commence tranquillement, nous sommes le 11 décembre. A 11h, le vent se lève et nous peinons à trouver un endroit abrité pour faire une pause. Nous nous éloignons des montagnes et la pampa aride reprend le dessus... Les chevaux commencent à chercher de l’herbe.
 


Nous poursuivons dans le vent, tellement fort qu’il en est insupportable! Kiki essaye de s’assoir à l’envers sur son cheval tellement il nous est difficile de rester FACE au vent. Nous tentons de ferrer nos capuches et ajoutons bonnet, gants etc... Ce vent nous épuise! Au loin nous voyons une estancia, nous y allons. Proche de l’estancia, nous nous rendons compte que nous avons perdues la tente… grrrr!
 
Nous allons nous reposer en premier avant de la chercher sans les charges.
 
Arrivées à l’estancia, l’endroit nous semble un peu glauque… Personne, une odeur étrange, des déchets au sol et ce ne sont pas des pieds de vaches sous la structure en bois pour dépecer les animaux mais bien des pieds de chevaux... J’en ai des frissons dans le dos. Mais épuisée et les estancias ne courant pas les rues nous cherchons quelqu’un. Finalement c’est un jeune de 17 ans qui nous accueille! Surpris et semblant peu à l’aise, il nous accueille, donne du foin a nos chevaux et nous allons nous réchauffer avec un mate avant de retourner chercher la tente…


Nous la retrouvons après 2h de recherches au trot et galop... comme si nos chevaux n’avaient pas assez marché! Le jeune connait une personne qui connait le Pasaje de la meseta, il vit au Puesto à 3h de l’estancia Sepúlveda. Nous prévoyons d’y partir le lendemain.

 

N°9 Le Puesto

La suite… je vais faire plus condensé car une soirée au pueblo ne va pas me suffire pour tout raconter. Après cette première perdition, nous sommes redescendues le moral dans les chaussettes à l’estancia Canigo. Soferino nous a accueillis très chaleureusement et nous avons finalement passé 4 jours à l’estancia à travailler avec eux avant de faire la route pour le Puesto en sa compagnie et celle du Postero (l’homme qui vit au Puesto dans la montagne). Le deal était travail contre gîte et couvert… mais quel travail, il fallait monter à cheval du matin au soir à chercher les vaches dans la pampa : le rêve! Ça tombe bien c’est pour ça que je suis venue. Plusieurs fois par jour je me demandais si j’étais réveillée ou si je dormais... mais les courbatures le rappellent vite... c’est la vraie vie! De plus, pour que mes chevaux se reposent il m’a prêté le plus beau de ses chevaux, un cheval isabelle, très musclé. Une autre partie du travail était de donner le lait aux 8 veaux abandonnés que l’on récupérait dans la pampa matin et soir... encore un travail très dur!

 

Ce fût une superbe semaine, partagée avec ces 2 argentins, un gai luron qui vit dans la montagne et un jeune père de famille qui vit avec sa femme et ses enfants à 3km de l’estancia, pour qu’ils puissent aller à l’école. Des parties de truco (jeu de carte local) endiablés quand il pleuvait, de bons asados, des réveils à 6h avec le mate qui nous attend et une cabalgata (balade a cheval) du tonnerre pour ramener 50 vaches du fin fond de la montagne vers l’estancia distante d’au moins 5km... à la fin de la semaine nous partons pour le Puesto avec la femme de Solferino et les 2 jeunes enfants, un de 1 an accroché dans le bras de sa mère à cheval qui aide son Mari à canaliser les vaches et un de 5 ans, sur un grand cheval avec les pieds ne dépassant pas la selle mais faisant ce qu’il veut de son cheval…! Nous étions bluffées. 

 

Après 6h de cheval non stop à un bon rythme nous rejoignons le Puesto, aussi épuisées que nos chevaux! Nous nous sommes rendues compte que jamais nous n’y serions arrivées sans eux, de nombreux endroits étaient sans aucun chemin ou dangereux. Nous sommes passées par la neige, la rocaille, plusieurs sommets, les paysages étaient tout juste magnifique et nous avons savourées ce moment avec toute la famille après avoir passées la semaine avec eux. Sans eux ce n’est pas 6h que nous aurions mis, mais 2 ou 3 jours! Cela nous a montré ce que nous pouvions faire avec nos chevaux et par où ils étaient capables de passer... de vraies biquettes en fait ces animaux à 4 pattes! Et à quel rythme nous pouvions aller.

 

Arriver au Puesto, c’est une cabane complètement cachée dans la montagne avec un ruisseau passant au pied. Les chevaux sont de nouveau en liberté dans le grand pré du Puesto. Il est 21h, nous filons diner et puis au dodo car le lendemain c’est réveil à 5h30 pour la grande journée qui nous attend.

N°8 Premier jour, premiers déboires

Holà todos, 


Tout d’abord, mille mercis à tous pour vos encouragements, messages de bonne année et bon anniversaire… ça me fait super méga plaisir!
Je passe dans ma première mini ville, Los Antiguos! Et ainsi je vais essayer de vous raconter ce premier mois et demi de voyage qui a tout juste été fou… Cela va être difficile… c’est plus un livre que je pourrais écrire je crois bien. 


Ainsi tout a commencé le 3 décembre, départ de El Chalten avec Pauline... Ma super pote depuis le collège. Surnommée kiki, elle a appris a monter a cheval avec moi lors de heures de pause que nous avions au lycée, nous prenions 2 vélos à la maison et nous filions a l’Abbaye de Gruchet-Le-Valasse pour qu’elle monte ma ponette frisky. Disons que kiki est pas trop une amoureuse des animaux comme on pourrait le croire pour venir faire un voyage comme celui-ci… Ni une grande cavalière. Mais c’est avant tout une aventurière et une fille de la montagne (elle en a fait son métier). Ainsi on se complétait parfaitement. Durant le voyage je m’occupais des chevaux du matin au soir (vérifier que tout va bien, soigner les bobos etc.) et kiki a plus gérer la route, la pesée et le rangement des caisses (ce qui est un bon casse tête). 


Ainsi début décembre nous prenons la route vers le lago San Martin, il y a juste un col et quelques montagnes à traverser. Le premier jour était épique! A peine parties de la maison de Don Guerra, nous nous arrêtons a 50m pour remettre les sacoches qui avaient déjà tournée… peu après nous nous arrêtons de nouveau car c’est le bat qui tournait et peu avant l’arrivée c’est une sangle du bat qui a cassée… après 3h de marche, une rivière de traversée qui a rincée tout le bat pour inaugurer les caisses et plus de 5 arrêts pour remettre les choses en place. Nous arrivons enfin à l’estancia Canigo. De la pure Patagonie comme je me l’imaginais, de la pampa bien verte avec des vaches, les montagnes en face dont le mont Fitz Roy et un lac turquoise a notre gauche, le lac Viedma. Nous montons la tente ne voyant personne dans l’estancia - Nous sommes un peu inquiètes de comment pourrait réagir le propriétaire s’il arrivait et nous voyait installée chez lui… nous nous endormons en FACE du Fitz Roy. Le lendemain, ça commence bien, on n’a pas entendu le réveil (alors que l’on nous avait dit de partir très tôt pour rejoindre le puesto dans la montagne qui est a plus de 6h de marche). Nous préparons nos chevaux et rencontrons la personne qui garde l’estancia, adorable, il nous propose de rester mais nous lui disons que nous venons de partir et que nous allons avancer un peu. Pingo ressemble a un vrai sapin de Noel, en fait, tout ce que nous oublions ou qui ne rentre plus dans les caisses ou les sacoches est ajouté sur le bat... car la veille, tout était plein a craquer. Chaque cheval de monte a environ 75kg avec nous et le cheval de bat porte 80kg. Nous sommes parties avec un mois de nourriture. 

Le peon (personne qui garde l’estancia) nous explique la direction pour rejoindre le puesto. Selon lui c’est facile et il faut suivre les chemins de vaches... ainsi nous partons sereines. C’est magnifique, le soleil, les montagnes et on trouve le premier chemin de la forêt. Première grosse côte avec les chevaux chargés, on fait des pauses pour Pingo qui souffle énormément et on descend des nôtres. Arrivées proche du sommet, rien, pas de chemins de vache et il y a des sommets dans tous les sens… Kiki va voir derrière la pente qu’elle pense être la bonne mais ca descend à pique! Il est 14h, les chevaux sont fatigues, nous sommes affamées et ca souffle énormément! Nous pensons que le chemin est dans la vallée d’à côté. Nous tentons de rejoindre cette vallée, une rafale puissante faire peur aux chevaux qui partent dans tous les sens et le bandeau de pauline s’envole. On décide de redescendre par la forêt, on sera un peu plus abritée. On fait une mini pause pour manger. Pendant ce temps, Chikito tombe de fatigue! Oui oui, il piquait du nez, kiki me dit “j ai l impression que mon cheval va tomber par terre”, je lui réponds “ mais non, il se repose les chevaux dorment debout” et il est bien tombé par terre de fatigue! Morte de rire… pauvre Chikito, le voyage va être difficile. 
Nous redescendons à travers la forêt avec Pingo qui passe souvent de justesse entre les arbres. Nous avons de la chance il a bien compris la largeur des caisses et s’arrête s’il voit qu’il ne peut pas passer. 

Arriver en bas, il y a de l’herbe. On fait une vraie pause pour que les chevaux mangent un peu. Je me rends compte qu’un baluchon accroché le matin avec à l’intérieur : mes grandes chaps, ma polaire (à 190€) et mon pantalon de rando ne sont plus là. Nous ne savons pas s’il est tombé ou s’il s est envolé… dépitée, je pars a sa recherche avec mon cheval mosquito. Il a déjà beaucoup de mal a s’éloigner des autres. Je redescends jusqu’à l’estancia, rien. J attend un peu que quelqu’un vienne pour nous indiquer la route… Personne. Je repars. Je remonte là ou m’attend Pauline, et je me dis que je serais quand même vraiment dingue et toute nue si je ne retrouve pas ce baluchon. Je remonte à l’endroit de la rafale… rien. Je remonte vers le sommet, et victoire! Il est là. Je l’attrape et dit a Mosqui, « c’est bueno on rentre ». Celui-ci rentre au grand galop rejoindre les siens. Plus de 4h de recherches actives, mon cheval est dead. Il est 20h, on va camper au ruisseau le plus proche. Lendemain, réveil sous la pluie et nous sommes perdues… 

Voilà le résumé de la première journée…Et encore je pense qu’il en manque! 
La suite très rapidement, en plus condensé.
Besos a todos

 

N°7 En route pour Bariloche

LE DEPART !!! Après  une préparation de plusieurs mois, des milliers de mails à travers le monde, une énorme quantité d’énergie mis à profit et de multiples rebondissements, l’heure du départ a enfin sonné.Virginie, Pauline, Pingocho, Mosquito et Chiquito sont parti de EL Chalten le 3 décembre 2011 vers 12h en direction de Bariloche quelques 2000km au nord.

Sachant, que l’accès à Internet ne se fait pas du beau milieu de la Patagonie, Virginie ne peut plus mettre à jour son site… Malgré cela, nous restons en contact par téléphone satellite, je vais donc prendre le relai et tacher de vous donner des nouvelles et vous maintenir en haleine en vous décrivant ses aventures !

Quoi qu’il en soit n’oubliez pas de lui envoyer des petits sms d’encouragement (message iridium), je suis sur que cela la l’aidera dans sa traversée…

 

Merci à tous,

Mathieu,

 

N°6 La veille du « vrai » départ ...

Même si les choses ont bien pris forme ces derniers jours, j'ai du mal à réaliser que nous partons à l'aube demain matin !

Ca y est, tout semble en ordre! Les chevaux sont munis de leurs livrets,  les caisses sont remplies de leurs contenus, essentiellement des réserves de nourriture pour un mois...

Les chevaux ont été ferrés et nous les avons entraînés et testés cette semaine avec le bât, les sacoches et des mors plus doux, bref une véritable mise en situation.

 

Petite rétrospective de ces derniers jours de préparations...

Le week end dernier fut splendide, je me suis retrouvé, après tant de péripéties avec mes chevaux et mon matériel. Je pouvais enfin me consacrer concrètement à préparer et à ajuster le matériel. Comble du comble, le dernier chaînon manquant est même arrivée puisque Pauline a fait son apparition un peu comme un cheveu sur la soupe à El Chalten le dimanche soir.

Il faut dire qu'avec les derniers événements, je ne savais plus à quelle heure elle arrivait ni quels étaient les bus qui allaient l'amener... Avec nos emplois du temps très chargés nous n'avions même pas pris le temps de se fixer un point de rdv, chose qui aurait pu être utile car El Chalten n'est finalement pas si petit.

Pour la petite histoire Pauline avait un bref stop and go d'une petite semaine en France, elle rentrait du Népal où elle travaillait le mois précédent.

Les retrouvailles ont très bien commencé, vers 16h, j'ai jugé bon d'aller traîner mes guêtres du côté de l'arrêt de bus à l'autre bout de la ville au cas où ... et comme par enchantement, je l'ai cueillie à la sortie du bus ! Parfait, on ne pouvait tomber plus juste.

 

En guise d'introduction, je lui présente dans la foulée nos compagnons de voyage ainsi que leurs caractéristiques... puis nous enchaînons avec un asado de mouton typique de la région, préparé par notre hôte, Don Guerra.

 

Le lendemain, nous allons tester nos montures aux 3 allures, nickel, Pauline se sent en confiance sur Chiquito ! Pauline doit certainement être la première « non vrai cavalière » à réaliser un tel périple à cheval. En effet, elle a fait ses premiers pas en ma compagnie en classe de seconde. Nous profitions de nos heures de creux au lycée pour filer à vélo au centre équestre et improviser de courte séance d'initiation. Par la suite, nous avons réalisé ensemble un mini voyage à cheval organisé en Jordanie. C'était déja deux ans auparavant. Autrement dit, Pauline redécouvre les chevaux avec moi de manière biannuel. Mais cette fois ci, c'est un challenge un peu plus relevé, quelques centaines de kilomètres à parcourir, pas de guide et surtout chacune son cheval !

 

J'aimerais revenir sur un fait de la semaine qui m'a beaucoup impressionné, (petit clin d'oeil à Elodie) ...Le ferrage des chevaux! En effet, ici, ce n'est pas le maréchal qui tient la patte du cheval mais le cheval qui doit la maintenir suspendu à l'aide d'une corde. C'est moins éreintant pour le maréchal mais cela peut parfois s'avérer dangereux pour le cheval peu habitué au ferrage qui tente des cabrioles avec sa patte attachée. Mosquito a d’ailleurs réussi à finir à terre après avoir tenté l'échappée. Leur méthode est définitivement différente de celles auxquelles Elodie a pu m'initier en France, d'autant qu'ici ce ne sont pas les fers qui s'adaptent aux pieds des chevaux mais bien les pieds qui s'adaptent à la taille du fer... et les chevaux apprendront à marcher avec !

 

Les deux jours suivant, Carlito, le maréchal ferrant nous fait découvrir les plus belles randonnées autour d‘El Chalten à cheval, splendide !!! Nous profitons de nos derniers instants sans boussole à suivre quelqu'un.

Le jour du ferrage, nous nous essayons à tester mon bât sur Pingocho. J'ai choisi Pingocho comme cheval de bât car c'est celui qui suit le mieux à la longe et qui pourra porter de grosses charges pour le début du voyage. Nous devons partir avec 1 mois d'autonomie !  Don Guerra est un peu septique sur le matériel de bât, très différent de ceux d'ici. Heureusement, Pingocho est une bonne pâte et n'a pas bougé d'un poil pour recevoir ce nouvel équipement qui lui va à merveille.

 

Bref tout allait bien jusqu'à ce que ça soit mon corps qui craque. Sans doute le contre coup de tant d'énergie dépensée et de tant de stress accumulé durant ces derniers mois. J'ai passé deux nuits très fiévreuses au fond du mon duvet. Malgré cela, je trouvai la force de faire une randonnée de 5h30 à cheval, que ce fut dur... A peine arrivée à la maison, je me suis littéralement écrouler à terre. Et là, bonne surprise qui vient me réconforter ? Mon bon Pingocho !!! Il me donnait d'affectueux petits coups de nez sur le visage.

Mes réserves prisent depuis mon arrivée ici (+6kg) me furent bien utiles.

 

Une fois guérie, nous nous sommes attaquer à tout faire rentrer dans les caisses et à équilibrer le poids au maximum de chaque côté du cheval, ceci devait idéalement être précis à 500g prêt. Premier problème, le peson lâche, il nous faut en trouver un autre de toute urgence...

En parallèle, nous tentons toujours d'organiser notre itinéraire car nous n'avons toujours pas de carte détaillée et le GPS est une mission à lui tout seul à faire fonctionner. Nous y passons des heures et des heures, pour finalement apprendre qu'il n'y a pas de carte détaillée pour cette région et qu'il nous faut télécharger des images satellites... mais avec la connexion d'ici il nous faudrait au moins une semaine pour télécharger le premier mois de voyage ! Au final, nous imprimons quelques pages de google map pour les passages difficiles, et nous comptons beaucoup sur les bonnes âmes de gauchos pour nous indiquer la route, voir parfois nous accompagner lorsque les passages seront délicats.

 

Enfin, l'avant veille de partir, nous apprenons que la route que nous voulions prendre au début est infranchissable avec ce qui est tombé de neige la semaine passée et que nous devons revoir tout le début de notre itinéraire !!

Pauline reprend son avion le 27 et nous devons être arrivées le 24 au plus tard à Lago Posadas, tout juste pour le réveillon de Noël, le deuxième que nous allons passer ensemble d’ailleurs puisqu’auparavant nous en avions déjà passé un au beau milieu des montagnes Népalaises. C'est dans ce premier mois que se trouvent les plus grosses difficultés du parcours. Le vent, le froid, les montagnes à traverser et surtout la partie que j'appréhende le plus : «  la meseta de los muertos » ! Elle porte bien son nom je crois. Il s'agit d'un plateau pierreux en altitude, froid et exposé à tous les vents. Il paraît qu'il est particulièrement difficile de trouver son chemin du fait des nombreux canyons et pierres à perte de vue.. le plus rapide pour le traverser est 2,5 jours.. et certains s'y sont perdus plus de 5 jours.. bref, nous allons tout faire pour éviter cela.

 

Aujourd'hui, c'est étrange, il n'y a pas un brin de vent, nous avons l’impression que le temps s'est arrêté ou que le ciel va nous tomber sur la tête ! Du coup il fait chaud, parfait pour la lessive.. et c'est reposant.

 

Les diverses batteries sont en train d'être chargées, nous savourons les douceurs de la ville, mes habits ont changé de couleur à la sortie de la machine, nous essayerons de nous rappeler de la douche chaude de ce soir et les chevaux de leur bonne herbe verte et grasse. Et nous passons quelques coups de fil.

 

Fin prêtes ! Départ imminent !

 

Ainsi, les sms du tel marchent. Je ne pourrais pas répondre à tous mais Mathieu écrira des news sur le site.

 

Muchos besitos a todos,

 

Hasta luego,

 

Virginie,

 

 

N°5 : Le bout du tunnel …

26 novembre 2011

douane - aéroport international
douane - aéroport international

Merci à tous pour vos encouragements !

Je commence à voir le bout du tunnel, yaalhaaa, trop contente !

 

Je rentre de Buenos Aires où je suis allez chercher mes deux caisses de bât contenant tout mon matériel qui étaient bloquées là bas depuis 23 jours !

Je n'en pouvais plus d'attendre, j'ai suivi les conseils de Mathieu et d'amis ici et j'ai filé à Buenos Aires. Ce n'était pas des plus plaisant que de quitter mon petit paradis à El Chalten pour retourner à la capitale grouillante et stressante. D'autant plus qu'en partant, je n'avais aucune idée de s'ils allaient me laisser mes affaires ... ou non?

Le voyage a commencé avec 6 bonnes heures de retard, pour une arrivée à Buenos Aires mercredi à 6h du matin. Après cette nuit blanche, je débarque rapidement chez Mariano et quelques conseils plus tard, je file au bureau de UPS qui gère mes caisses... un autre challenge m'attendait!

Cette journée fut un vrai parcours du combattant... interminable ! Je me suis épatée de mon calme malgré ce stress inhérent et le manque de sommeil. Si près du but, je tentais le tout pour le tout, plus rien à perdre, tout à gagner ! Enfin... libération, je récupère mes caisses!

Rapide condensé: il m'a tout de même fallu faire 3 lieux différents et plus de 15 bureaux ponctués chaque fois de longues heures d'attente. Je rentre enfin le soir à Buenos Aires avec mes 50 kilos de bagages, très heureuse d'enfin avoir à les porter.

Après une petite soirée, me voici le lendemain matin sur le chemin du retour pour Calafate, comble du comble...je me trompe d'aéroport, ceci m'oblige à devoir faire changer mes billets et espérer qu'un avion me trouve une place. Jour de chance dans mon malheur, je parviens in extremis à avoir un avion, je bénéficie par la même occasion d'un petit crochet par Ushuaïa.

Pingocho
Pingocho

 

Enfin, je peux vous parler de mes chevaux en toute sérénité... j'ai trouvé 3 chevaux géniaux à El Chalten.

Oui, finalement, je ne vais pas partir d’El Calafate mais de El Chalten qui se situe un peu plus au nord de Calafate. J'ai suivi les conseils des locaux, me disant que de Calafate à El Chalten je commencerai avec une route difficile car venteuse et inintéressante car je serais obligée de suivre la route. De plus les chevaux sont bien meilleurs et plus ronds à El Chalten où l'herbe est meilleure.

Et oui finalement, Je n'achète pas deux chevaux mais trois, car la formule 1 à cheval l'autre à pied à s'alterner cela ne semble pas pouvoir fonctionner ici tellement le vent peut souffler fort... et c'est quand même beaucoup plus plaisant d'avoir chacune son cheval de monte. En plus les 3 chevaux sont inséparables...

 

Pour la petite histoire, j'avais tout de même démarré mes recherches à El Calafate. Pichinienco, réputé pour être un des meilleurs vendeur de chevaux de Calafate, nous avait présenté 3 chevaux... plutôt très jeunes, particulièrement apeurés et par dessus tout, ils étaient maigres avec des crevasses ou autres petit blessures apparentes. Bref, ils étaient tout juste impossible pour le voyage. Cela m'a un peu inquiétée car avoir de vrais bons chevaux pour le voyage est une des choses les plus importantes.

Par tradition, les chevaux sont débourrés et dressés de façon très dure ici. Il y a des tonnes de codes entre les gauchos et les chevaux qui font que les gauchos arrivent à les approcher et s'en occuper. Le problème est que nous, européens, sommes habitués au bon gros nounours que l'on peut approcher de n'importe quel côté… Cette démarche ne fonctionne absolument pas ici, les chevaux sont surpris et effrayés.

Pour ma part, je recherche des chevaux calmes, non peureux, dont je peux m'occuper facilement et surtout avec plaisir !

Je savais depuis mon premier jour à Calafate qu’une personne à El Chalten avait trois très bons chevaux pour le voyage. Malheureusement, il semblait presque impossible de lui acheter pour des raisons administratives (loi de la marqua) : « sin marqua, no puede comprar caballos !! » un point c'est tout, satanée phrase !!!

Avec Mathieu, lorsque nous étions allés à El Chalten, nous étions allés voir cet homme, Don Guerra. Malgré une certaine réticence au première abord, j’avais tenté de lui expliquer (comme j'ai pu avec mon espagnol toujours primaire..) qu'il y avait éventuellement une solution pour les acheter avec la SENASA (et l'aide de David). Il m'avait alors écouté tout de même très septique et par politesse, nous avait montrer un des trois chevaux qui était à vendre, son cheval préféré, PINGOCHO, grand, nord, très costaud, robuste, de bons aplombs, une carrure et une posture impressionnante. Ce cheval a réellement un œil très doux et attentionné envers l'Homme. Tout de suite, il m’a remémoré mon ancienne ponette, mon bébé, Frisky. Je craque et je suis super heureuse de voir que oui, de bons chevaux, gros et que l'on peut toucher partout ça existe !

Don Guerra
Don Guerra

Nous partons en treck avec Mathieu et de retour à Calafate je vois avec David les solutions qu’il peut nous apporter pour le grâal, les papiers adéquates.

Le vendeur, Don Guerra, est un gaucho à la retraite, comme la plupart, non enregistré auprès de la SENASA et allergique au démarche administrative... Don Guerra vit avec sa femme, Isolina. Elle nous sera d'une grande aide pour convaincre son mari que ces démarches sont possibles à réaliser. Don Guerra est certainement la personne la plus emblématique du village. Il s'est installé à El Chalten il y a 28 ans lorsque les habitants se comptaient par dizaines seulement. C'est un des pionners du village. Il a longtemps accompagné des expéditions d’alpinistes vers le Fitz Roy et autre sommets réputés des plus difficiles au monde. Il organisait des caravanes avec ses chevaux pour réaliser l'assistance et de grandes randonnées dans ces montagnes. Don Guerra est quelqu'un de profondément bon et gentil. Dès qu'il m'a présenté ses chevaux j'ai su qu'il les aimait. Il les a dressé avec amour, ce qui est indispensable pour obtenir le respect du cheval et un bon apprentissage. Aujourd'hui, il lui reste 4 chevaux, et s’il m'en vend 3, il lui en restera donc un seul, celui qui reste toujours près de chez lui car c'est son préféré, Pingocho! Si ce n'était pas pour un projet comme le mien, jamais il ne les aurait vendu. Mais là, je pense qu'il est fier, il sait que ses chevaux vont vivre une grande aventure, qu'ils peuvent le faire et que je les aime déjà tout autant que lui !

J'ai une chance énorme d'être tombée sur une maison comme celle ci et un homme aussi bon avec ses chevaux.

Mosquito
Mosquito

Depuis 15 jours, je fais des allers-retours entre El Calafate et El Chalten pour régler toutes les histoires de papiers… et aujourd'hui, dernière ligne droite, j'attends les libretas des chevaux, les carnets de santé qui vont me servirent de papier officiels. Cela va me permettre de voyager avec et surtout de déresponsabiliser Don Guerra qui ne sera officiellement plus propriétaire.

De mon côté, je ne réalise pas trop, même pas du tout, mais je vais me retrouver propriétaire de 3 chevaux! je me ré-entends répéter à longueur de journée petite «  papa, je veux un cheval !! » et aujourd'hui, ce n'est pas 1, pas 2 mais 3 chevaux qui sont à moi!

Finalement, ce n’était pas prévu mais le sort en a décidé ainsi …1…2…3…kaballu !!!!

 

Les 3 chevaux sont très différents les uns des autres ; caractère, taille, couleur. Le cheval que je monterai sera MOSQUITO, un grand cheval gris pommelé assez vif et encore jeune dans sa tête. C'est celui qui bouge le plus. Il a sans aucun doute du sang de cheval arabe, pour sa vivacité, sa façon de se déplacer, son attention envers l'homme et sa curiosité. Le troisième et dernier cheval s'appelle CHIQUITO, et il porte bien son nom car c'est le plus petit. Il est gris / blanc, très bien dressé, tout doux, et c'est sans aucun doute le plus malin des 3! J'ai remarqué qu'il savait défaire les nœuds notamment.

Ils s'habituent à ma présence petit à petit, et moi je les apprécie de plus en plus jour après jour…

Chiquito
Chiquito

Le lendemain de cet achat, Chiquito n'était plus là, coup de stress ! Surtout que l'on m'avait raconté des histoires de vols la veille. Après quelques recherches inquiètes, je me suis mis dans la peau d’un cheval libre cherchant la meilleure herbe… et, je l'ai retrouvé pas très loin, à moins de 1km. Il avait réussi à défaire son nœud apparemment puis suivi des chevaux sauvages pendant la nuit, ouf, soulagée !

 

Pour le moment je les teste un par un en cheval de bât pour évaluer lequel suit le plus facilement (sans m'arracher le bras). Le cheval de bât doit avoir sa tête soit à la botte droite du cavalier, soit être juste derrière le cheval de monte, mais il ne doit pas tirer. Il ne doit pas être trop grand non plus sinon cela va être difficile de lui mettre les caisses de plus de 20kg sur le dos..

 

Les alentours de chez Don Guerra sont magnifiques pour se balader. Des plaines, des bosquets, des fleuves, et surtout des vues splendides sur le Fitz Roy.

 

Le vétérinaire agréé par la Senasa est venu la semaine dernière (de 600 km...) pour créer les libretas des chevaux, les vacciner, faire les prises de sang de contrôle et me fournir en médicaments pour le voyage si besoin, j'espère que non ! Bonne chose, les chevaux n'ont pas bougé d'un poil, et ils semblent en parfaite santé pour le voyage. Reste plus qu'à les ferrer.

 

Rodolpho Guerra, Isolina, Anne sophie
Rodolpho Guerra, Isolina, Anne sophie

Durant le week-end nous étions avec Anne Sophie qui connaît bien les chevaux de Guerra, ainsi nous avons pu nous balader et fêter son anniversaire dignement avec un asado et un bon gâteau au coin du feu ! Le dimanche matin, Isolina vient nous réveiller pour nous dire qu'elle avait préparé un petit déjeuner pour l'anniversaire d'Anne Sophie. C'était très touchant et nous avons passé une superbe matinée chez eux avec Don Guerra et Isolina qui nous racontaient comment ils vivaient avant l'arrivée des touristes, sans l'eau courante ni l’électricité par exemple. Les courses les plus proches étaient alors à El Calafate qui était à 5h de route, de vrais pionniers.

 

Aujourd'hui, j'ai mes caisses, j’attends les libretas et j'ai particulièrement hâte de revoir mes chevaux. Je cherche un chien également.

Ma copine Pauline arrive dimanche, je suis impatiente de lui présenter nos compagnons de voyage, de finaliser les préparatifs et de boucler matériel.

Dernière étape et non des moindres, les cartes, à ce jour, nous n’avons toujours pas réussi à récupérer une cartographie précise de notre traversée, il nous reste donc du boulot, je vous laisse…

 

Un beso à todos,

A très bientôt avant le vrai départ,

Virginie

 

N°4: L'arrivée à El Calafate, début des cauchemars administratifs ...

19 novembre 2011

Atterissage:  le 2 novembre 2011,

Lieu : El Calafate, Santa Cruz, Argentine; ville de départ du grand périple.


El Calafate est une ville un peu spéciale, composée de 15000 habitants, elle est coincée entre le lac d'Argentine et les contreforts des Andes. En pleine expansion, cette ville est un mélange entre station de ski et cité de pionnier, en effet la plupart des habitants ne sont pas nés ici mais sont plutôt venus y chercher quelque chose: argent, ambiance, ... Initialement, cette ville était un mini village permettant de regrouper les éléments de nécessités (commerces, administrations, écoles, ..) pour les fermes / estancias de la région. Son récent essor économique est dû au tourisme affluant pour le célèbre glacier "Perito Moreno"... c'est aussi le point de départ pour la Mecque des randonnées en Patagonie, El Chalten, petit village au pied du Mont Fitz Roy (http://fr.wikipedia.org/wiki/Fitz_Roy).

 

De fait, l'ambiance à El Calafate est très surprenante, sous ses airs de station de ski, c'est un fait un petit village où tout le monde se connaît. Ses habitants vivent et profitent de la vie durant le rude hiver et bossent non stop durant la période touristique. A noter, un vent omniprésent variant entre 50 et 100 km/h qui souffle sur la ville et ses alentours...

Pour notre part, nous avons commencé par prendre nos marques à travers quelques ballades, puis nous avons cherché à rencontrer les contacts que j'avais créé depuis la France (connaissances, couch surfing ou forums de voyage ...).

 

Dès le lendemain de notre arrivée, nous avons rencontré Anne Sophie, une fort sympathique française vivant au Québec. Anne Sophie a tenté il y a un mois environ de réaliser un voyage à cheval dans la région avec sa sœur. Malheureusement, même après avoir trouvé, acheté et préparé les chevaux, leurs timing étant serré, elles ne sont pas parvenues à partir à cause des problèmes administratifs.

Malgré cela, Anne Sophie me dit qu'avec du temps ça sera possible. Elle m'aide donc dans mes démarches. Aujourd'hui elle cherche à travailler dans une estancia au sein d'un parc national, la célèbre Estancia Cristina. Une autre magnifique expérience l'attend...

 

Dans la foulée, nous rencontrons David et Mandy. David est vétérinaire à El Calafate et m'apporte son aide depuis déjà plusieurs semaines. Ses conseils m'aident énormément pour que je puisse acheter des chevaux en toute légalité. David est également en charge de la SENASA, l'organisme national qui contrôle tout ce qui est alimentaire et les animaux. David m'explique l'astuce qui pourrait me faire obtenir le livret de santé des chevaux à mon nom et ainsi m'aider à les acheter. C'est une très bonne solution, mais loin d'être simple... des tonnes de paperasse donc beaucoup de temps. Il faudra de plus convaincre le propriétaire qui me vendra ses chevaux . Ironie du sort, la copine de David s'appelle Mandy, une française installée à El Calafate ! Les sujets étant compliqué et mon espagnol très approximatif pour le moment, je remercie Mandy qui m'aide à tout suivre et à la réalisation des démarches.

 

Un peu plus tard, nous rencontrons Claudie, une française installée à El Calafate depuis plus de 25 ans je crois. Claudie a été guide dans la région et elle occupe aujourd'hui le poste de Consule. Claudie est de très bon conseil sur la réalité du voyage et ce que je dois faire pour être suivie, rester en bonne santé et ainsi éviter tout souci.

Entre deux rencontres et quelques paperasse, on en profite tout de même pour se promener aux alentours.

 

Le surlendemain de notre arrivée nous filons au Perito Moreno, le plus grand glacier au monde. Il fait plus de 30 km de long, 5 km de large et 80 mètres de haut !! C'est incontestablement un de champs de glace les plus mobile et accessible de la planète. Ce qui est le plus impressionnant c'est son bruit de craquèlement continus de glace et sa constante mouvance. Il parcourt jusqu'à 2 m par jour, et crée des icebergs de la taille d'une tour d'immeuble à sa surface..

Profitant d'une percée dans le massif andin, les orages en provenance du pacifique déversent leur pluie à l'est de la barrière montagneuse, où l'eau s'accumule en neige. Comprimée par son propre poids pendant des milliers d'années, la neige s'est transformée en glace, donnant naissance au glacier qui a commencé à se déplacer lentement. Le Lago Argentino, la plus grande étendue d'eau d'Argentine jouxte le glacier et la ville de Calafate à 80km. Ainsi, il n'est pas rare de voir des icebergs devant la ville.

 

Notre premier dimanche à El Calafate, David et Mandy nous emmène faire un asado chez un de leur ami, péon d'une estancia à 50 km de la ville. Chouette ! La campagne, un asado et une vrai estancia !!

L'asado, c'est le plat le plus typique de l'argentine : un mega barbecue avec de la super bonne viande. Cette fois-ci c'était du bœuf. Les argentins sont des pros du barbecue et des carnivores immodérés. Pour un asado, il faut compter environ 800g de viande par personne. Ainsi, nous étions 5, et j'avais l'impression que nous faisions un barbec pour 10.

Le Péon, c'est la personne qui garde les terres et les animaux de l'estancia. Il vit dans des bâtisses de l'estancia toute l'année.

Ainsi, nous avons été accueillis par Mayo, ami de David de longue date. Tradition oblige, nous buvons le maté en arrivant. Puis nous attaquons l'asado dehors, dans un endroit aménagé abrité du vent (à savoir, ça souffle énormément en Patagonie!!). Mathieu amangé sa demie vache.. et moi je me suis mise à manger le gras pour faire comme tout le monde.. et c'était très bon !

L'endroit était magnifique, plus vert que Calafate, montagneux et avec une vue splendide. Mayo nous fait visiter ses différents bâtiments ; l'endroit où ils tondent les animaux et font la laine. Petite anecdote, le record de tonte local est à 1min 32... pas mal quand on voit la masse de laines des moutons de Patagonie.

Même si ce n'était pas la période la plus propice, nous avons vu plein de pumas, et de près!! Seul hic, ils étaient mort... snif snif.. oui, même si c'est un animal protégé, Mayo les chasses car ils mangent les moutons, et de plus, l'Etat leur verse 1500 pesos (300€) par tête de puma tué...Un peu morbide quand on se rappelle des pancartes pour touristes des parcs nationaux décrivant les animaux locaux et leurs spécificités à quelques km de là seulement.

Avant de partir, David fait le tour de ses chiens pour les petits ou gros bobos à soigner. Ensuite, nous allons au Lago Roca, lieu magnifique quelques kilomètres plus loin. Lac encerclé de montagne et de forêts (à savoir, la fôret est rare en Patagonie).  Nous croisons quelques condors sur la route qui planent à flan de montagne à quelques mètres de nos têtes.. magique.

 

Après ce bon week end aux alentours de Calafate nous filons vers El Chalten, capitale de la randonnée en montagne et de l'alpinisme située au pied du Fitz Roy, sommet emblématique. El Chalten est le nom tehuelche du sommet qui signifie « sommet de feu » à l'image de son sommet souvent balayé par les nuages. El Chalten est une ville nouvelle, elle a été créée de toute pièce en 1985 afin de permettre à l'Argentine de s’approprier le territoire avant le Chili. C'est une ville encaissée au milieu des montagnes et avec plein d'enseignes et portes en bois.. Nous nous croyons arrivé au fin fond du far west.

 

Au milieu de ces soucis administratifs, rien de mieux qu'un bon bol d'air et une rando de 3 jours dans les montagnes pour profiter !

 

L'administration, parlons en. C'est mon soucis numéro un aujourd'hui. Il y a des jours j'ai bien eu l'impression que mon rêve tournait au cauchemar. Même au Niger ou ailleurs cela me semble plus facile.

 

J'ai deux soucis :

 

  • tout mon équipement envoyé en express avant moi est bloqué à la douane de Buenos Aires depuis plus de 15 jours. Chaque jour, ce sont des nouveaux papiers à envoyer, de nouvelles conditions etc.. sans savoir quand ni où elles vont arriver et sans voir le bout du tunnel. Des papiers certifiés à envoyer par la poste (mais le plus rapide des chronopost ici c'est environ 5 jours !), des frais, des attentes aux guichets, des négociations etc.. sans mon matériel, il est difficile d'essayer les chevaux et j'ai pas mal de chose à acheter ou faire faire ici, en fonction de mon matériel également.. grrr. Restons zen !
  • la loi qui interdit aux non éleveurs d'acheter des chevaux. Cette loi existe depuis 1 an et a cassé le nez à quelques voyageurs qui souhaitaient tenter une aventure à cheval dans la région (oui je ne suis pas la seule, c'est plutôt un endroit qui fait rêver pour les voyage à cheval). Cette loi a été créée à cause des nombreux accidents de la route avec les chevaux en liberté. Les voitures roulent vite sur les interminables lignes droites de la Patagonie, et un cheval au milieu de la route, cela ne pardonne pas. Ainsi, c'est le propriétaire qui est responsable. Avant cette loi, il était quasiment impossible de savoir à qui appartenait le cheval (car il était alors simple de vendre ou d'acheter), il n'y avait pas de coupable. Aujourd'hui, seuls les personnes possédant une  « marqua » (marque au fer rouge sur la croupe du cheval – le blason de l'estancia) peuvent acheter un cheval et ainsi y apposer leur « marqua ». 

 

Au milieu de tout cela, Mathieu est rentré en France et je poursuis les démarches tout en y croyant dur comme fer !

 

Autrement, je me suis installée dans un petit appart à El Calafate, et c'est chouette d'avoir un chez soit avant la vie dans le froid..

 

un beso à todos ...

 

Mathieu & Virginie

N°3 : Arrivée à Buenos Aires et la Peninsula Valdes

6 novembre 2011

Jeudi matin 9h, nous débarquons de l'avion, nous voilà à Buenos Aires, capitale de l'Argentine, 13 millions d'habitants. C'est bien connu, nous adorons les grandes villes, le shopping et la foule. Le passage va donc être éclair, le temps de s'acclimater un peu, de tester quelques bons restaurants et attractions locales ...

 

Mise en bain rapide, le séjour a démarré avec une arnaque (clin d'oeil aux épices de David et Marie). Pourtant on m'avait prévenue! Mais là nous ne pouvions pas y faire grand chose... Arrivés à l'aéroport, nous retirons du liquide à un distributeur automatique, la moitié étaient des faux billets ! (140€). Nous nous en sommes rapidement rendu compte lorsque le chauffeur de taxi nous a refusé les billets un par un. Malheureusement, impossible de faire quoi que ce soit. Merci HSBC pour la bonne arrivée et merci au chauffeur car nous avons payé que la moitié de la course!

 

Buenos Aires ressemble à une ville européenne avec ses boutiques de luxes et ses grandes avenues découpés en « quadra » (cf google map). Comme dans toutes les grandes villes, certains quartiers sont parfaitement entretenus et d'autres semblent à l'abandon...

 

Autrement, ce que nous avons préféré à Buenos Aires c'est la soirée Tango dans le quartier San Telmo et les steaks de bœuf...

 

Ainsi, après 2 jours dans la capitale nous filons pour la Peninsula Valdes, péninsule sur la côte Est de la Patagonie, connue pour ses migrations d'animaux marins à cette période de l'année.

 

Durant 4 jours nous avons sillonné les côtes pour observer baleines, éléphants de mers, lions de mers, pingouins, orques (de loin), phoques, oiseaux, etc. C'était juste magique. Les baleines s'approchaient à quelques dizaines de mètres de la côte. Nous avons quand même fait le tour en bateau pour les voir d'encore plus près. C'était saisissant de voir ces gigantesques masses évoluer sous l'eau de façon paisible. Chaque baleine était avec son petit de 6 mètres environ. Les mères quant à elles, mesuraient environ 12 mètres et pour un poids d'environ 27 tonnes. Pour information, elles viennent dans la péninsule pour mettre bas, les baleineaux restent 3 mois avant de partir se nourrir dans l’Antarctique avec leur mère, à cette époque ils grandissent d'environ 3cm/j.

 

Les éléphants de mer, appelés ainsi à cause de leur trompe, étaient également impressionnants et nous ont fait penser à quelques Caudreys. Les femelles pèsent environ 500 Kg (un petit cheval), quant aux mâles ils peuvent atteindre près de 4 tonnes (une camionnette). Ils viennent passer l'été ici pour se reposer et se reproduire. Ces derniers passent leurs journées à lézarder sur les plages, et à défendre leur territoire (1 mâle pour 30 femelles, je vous laisse imaginer).

 

Les lions de mers sont plus petits avec les femelles pesant entre 80 et 100 Kg et les mâles entre 300 et 400 Kg. Les mâles arborent une crinière, tel un lion de la savane. Ils passent leurs journées au sein de leur harem, et vont se nourrir à la marée haute. Les bébés lions de mer sont la proie favorite de orques qui ont développé une technique de chasse spécifique leur permettant de les happer sur la plage. Cette chasse se passe 1h avant la marée haute, ce qui permet à l'orque de se retirer avec la mer s'il est aller trop loin. Bien que nous ayons scruté les spots pendant 2 j, nous n'avons malheureusement pas assisté à l'attaque. Les orques déciment jusqu'à 10% des progénitures de l'année.

 

Les orques suivent la migration des lions de mers, ils sont appelés communément « baleines tueuses », ils mangent aussi des manchots, des phoques, des dauphins et des baleineaux. Ce sont des mammifères marins très intelligents. Ils vivent en hordes avec un mâle et plusieurs femelles, chaque femelle peut mettre bas tous les 10 ans. Le mâle est reconnaissable par la hauteur de sa nageoire dorsale pouvant aller jusqu’à 2 m de haut.

Pour accéder à ces belles plages, nous avons dû à chaque fois traverser la péninsule en empruntant des pistes poussiéreuses. Ceci occasionna de multiples rencontres avec la faune terrestre locale. Nous avons croisé le chemin d'animaux étranges, tels le guanaco et le tatou.

 

Après ces bons moments avec les animaux, nous nous sommes envolés pour El Calafate, ville de départ du périple à cheval. La recherche des chevaux et les multiples derniers préparatifs doivent commencer !

 

Un beso à todos,

Mathieu & Virginie

N°2: Le jour du départ..

26 octobre 2011

Ca y est ! C'est ce soir que nous prenons l'avion.. je suis bien contente de ne pas partir seule ! Cela facilite nettement la chose. Mathieu reste avec moi jusqu'au 12 novembre. Ensuite, j'ai une quinzaine de jours pour acheter les chevaux et les préparer. Puis Pauline arrive le 27 novembre pour le grand départ. J'espère être prête avec mes chevaux.

 

Les fêtes d'au revoir sont passées, et les derniers moment en famille aussi.

J'ai une chance dingue de pouvoir réaliser ce voyage et par dessus tout, je suis super contente d'être aussi largement soutenue par mon entourage et mes amis. Alors MERCI à tous !!

 

Ces dernières semaines ont été intenses. Il a fallu finaliser le matériel, boucler les caisses et en faire partir une partie en cargo.. juste 50 Kg !

Je me suis également formée, en maréchalerie et bourrelerie avec Elodie Gallais qui est responsable des cavaliers du Feugrès à Beuzevillette. Elodie a su être particulièrement patiente et pédagogue ! Non pas que je sois mauvaise élève, mais je manque beaucoup de force pour la partie maréchalerie.. Je me suis aussi formée aux points de suture avec Henri (patient également!).

 

J'ai sollicitée et j'ai été sollicitée par les médias ; une radio, deux journaux et même la TV ! C'est une expérience les scènes de tournage avec la TV ! Suite à cela, j'ai eu d'agréables surprises ; quelques personnes m'ont contacté spontanément ; des personnes qui avaient des contacts à me donner, du matériel à me faire tester, des soutiens et encouragements divers et variés !

 

Avant de partir, j'ai également passé un après midi à l'école Glatigny, mon ancienne école primaire. C'était émouvant de se retrouver dans ces bâtiments après de nombreuses années ou évidemment beaucoup de choses se sont passées. J'ai rencontré la classe de CM1 qui me suivra tout au long du voyage. Avant mon arrivée, la maîtresse avait très bien préparé les élèves, en me présentant, en leur faisant lire les différents articles de presse, en retrouvant des photos de classe de quand j'étais petite et en accrochant une immense carte de l'Argentine. Tous les élèves m'attendaient. Ils avaient également comme consigne de préparer une ou deux questions à me poser. Ce fut un moment magique, drôle et touchant. Ils étaient particulièrement intéressés par mon voyage et comment j'allais vivre sur place. Toutes leurs questions étaient tout à fait censées et je pense qu'aujourd'hui, même si quelques questions restent sans réponse, ils imaginent très bien mon voyage. Je continuerais de correspondre avec eux pendant le voyage, puis je reverrais la classe au retour. J'ai hâte de les revoir !

 

Autrement, il y a 15 jours maintenant, j'ai appris que les étrangers n'avaient pas le droit d'acheter de chevaux dans la région où je dois démarrer. Cela fait suite à une loi qui a été votée il y a moins d'un an. Seulement, les argentins possédant la marqua (marque au fer rouge) peuvent acheter des chevaux. C'est plutôt fort problématique pour moi !! même si je suis convaincue qu'il y a toujours une solution, je sais que cela va compliqué d'avantage l'achat de mes montures.. quelques argentins tentent de m'aider sur place, ainsi que 2 françaises. Maintenant, je verrais cela au point de départ, à El Calafate, mais croisons les doigts.

 

J'ai beaucoup de mal à imaginer ce que je pars faire, même si je le prépare depuis des mois. Je me demande comment vont-être les rencontres, les difficultés auxquelles je vais devoir faire face etc...

 

Avant d'affronter les difficultés d'achats de chevaux / visites / essais à El Calafate, nous nous arrêterons quelques jours à la Peninsula Valdes pour aller observer les animaux marins.

 

Bises à tous et à très bientôt,

Virginie

 

N°1: La préparation

Septembre 2011

L’idée même du voyage s’est concrétisée dans mon esprit il y a un an exactement,  lors d’un trek au Népal avec des amis. J’avais emporté comme livre de voyage « Cavaliers des steppes » ; l’histoire d’un jeune français parti traverser l’Asie centrale durant 6 mois. J’y ai réfléchi  durant quelques mois, après mon retour. Puis au printemps,  j’ai réalisé qu’une aventure de cette ampleur devait se préparer !

 

La préparation !  une longue histoire.

Tout a commencé il y a plusieurs mois avec la commande du livre d’Emile Brager, la bible du voyage à cheval qui est devenue presque introuvable. Obligée de passer par Emile lui-même pour me le procurer.

Une fois le livre en main, je prends vite conscience que je vais avoir besoin d’aide  dans de nombreux domaines : le choix du matériel, l’itinéraire, la maréchalerie, la topographie, les soins vétérinaires etc..

 

Rapidement, je lis le récit de voyage de Saskia Machazek qui a cavalé seule pendant 1 an en Argentine. Je parviens à la joindre et Saskia répond patiemment à toutes mes questions et me donne les premiers conseils. Je me rends compte que ce n’est pas à ma portée pour le moment mais que c’est « réalisable ». Son expérience positive me motive.

 

La deuxième  étape ; devenir membre de l’association de Cavaliers Au Long Cours en France, le CALC. Le CALC est une association de cavaliers passionnés qui ont voyagé à cheval où souhaitent un jour voyager à cheval… Je suis rapidement acceptée et très bien accueillie. J’ai la chance de rencontrer quelques-uns d’entre eux à une fête organisée chez Saskia qui m’a gentiment invitée pour me permettre de rencontrer tous ces personnages que je connais de par mes lectures mais que je n’ai encore jamais rencontrés. Lors de ce week-end, je rencontre Emile Brager, Pierre Antoine Calonne, un français installé en Argentine qui a beaucoup voyagé à cheval, Fernando un Argentin et plein d’autres tout aussi intéressants. Ce week-end fut très riche en découverte. Nous étions en mai de cette année.

 

Au fil des mois, je prends contact avec de nombreuses personnes ayant voyagé à cheval dans la région où j’imagine me rendre. Je suis épatée par la sympathie et la disponibilité de tous ainsi que  du  plaisir pris à me transmettre leurs expériences. C’est tout de même magique tout ce que l’on peut trouver sur internet et la facilité de communication que nous avons aujourd’hui. Je n’aurais pas imaginé  une seule seconde organiser un tel voyage 10 ans auparavant ni qu’il faudrait une année sur place pour réaliser 4 mois de voyage à cheval !

 

La troisième  étape, décisivecelle-ci, proposer mon idée de projet à mon employeur, étape déterminante du départ ou non départ. Feu vert ! Et avec son soutien par-dessus tout ça ! de quoi me scotcher le sourire pour quelques temps.  J’admire l’ouverture d’esprit de mon employeur.

 

A partir de ce moment-là, je n’ai plus qu’à me jeter à l’eau, et les choses sérieuses peuvent démarrer. Je redouble mes recherches, lectures et prises de contact. A Paris, je rencontre Fanny Hubinet  qui a réalisé un voyage identique en Patagonie avec une amie. Son savoir et ses informations me permettent d’y voir beaucoup plus clair sur la réalisation de ce voyage au niveau de l’itinéraire, de potentiels points de chute et d’obtenir des contacts fiables sur place.  Sophie et Simon, qui ont réalisé un périple similaire m’ont également beaucoup aidé pendant cette période.

Au niveau de mes recherches de soutien matériel, voire financier, j’envoie mon dossier sans trop de conviction chez différentes enseignes. Surprise, Patagonia et Rando Cheval Boutique me répondent rapidement pour participer à mon projet ! Yahoo ! Je ne m’y attendais pas.

Mes fidèles compagnons de 123 Cheval m’ont également rapidement validé leur soutien, et me motivent constamment dans la réalisation de ce projet.

Enfin, du côté des aides, la très bonne nouvelle a été le soutien de la guilde des cavaliers au long cours Internationale (the Long Rider Guild) qui a décidé de me prêter un de leurs 2 bâts actuellement  en test dans le monde pour mon projet en Argentine ! Ainsi, je récupère tout le  matériel pour le cheval de bât « en test » pour mon périple. Et pas n’importe lequel, ce qu’il ya de mieux aujourd’hui sur le marché, les bâts de l’entreprise canadienne Custom PackRigging Ldt.

 

Aujourd’hui, je suis dans la partie contacts sur place pour l’arrivée, l’achat des chevaux etc. ainsi que l’achat et tests de divers matériels.

 

Je vous avouerais que,  certains matins, à mon réveil, je ne souhaiterais tout simplement jamais avoir eu cette idée en tête tellement cela me semble hors de ma portée, puis, plus ou moins rapidement mon for intérieur reprend le dessus et je sais que j’ai toujours voulu réaliser cela. Tout du moins je me donne les moyens pour essayer ! ensuite je serai tranquille..

 

Quelques personnes m’ont contacté ces derniers mois pour potentiellement faire un bout de chemin avec moi. Ainsi, je devrais minimiser mon temps toute seule (et permettre à mes parents de respirer !).

 

Reste à me former sur les points cruciaux : maréchalerie, vétérinaire, topographie, réception du reste du matériel pour le tester..et c’est parti !